PALÉOGRAPHIE
DES CHARTES
ET
DES MANUSCRITS
DU XI0 AU XVII0 SIÈCLE
PAR ALPH. CHASSANT
Ancien correspondant du Ministre de l'Instruction publique
pour les travaux historiques
HUITIÈME ÉDITION
AUGMENTEE D'UNE INSTRUCTION SUR LES SCEAUX ET LEURS LÉGENDES
ET DE RÈGLES DE CRITIQUE PROPRES A DÉTERMINER L'AGE
DES CHARTES ET DES MANUSCRITS NON DATÉS
lO PLANCHES IN- 4
Tc4T{IS
JULES MARTIN, LIBRAIRE -ÉDITEUR
l8, RUE 3ÉGUIER
M DCCC LXXXV
PALÉOGRAPHIE
DES CHARTES
ET
DES &TcJWiVSCl{lTS
DU XI0 AU XVIIe SIÈCLE
PROPRIETE DE L7EDITEUR
Tous droits réservés
IMPRIMÉ CHEZ CHARLES HÉRISSEY, A ÉVREUX
PALÉOGRAPHIE
DES CHARTES
El
DES MANUSCRITS
DU XI0 AU XVII0 SIÈCLE
PAR ALPH. CHASSANT
Ancien correspondant du Ministre de l'Instruction publique
pour les travaux historiques
HUITIÈME ÉDITION
AUGMENTÉE D'UNE INSTRUCTION SUR LES SCEAUX ET LEURS LÉGENDES
ET DE RÈGLES DE CRITIQUE PROPRES A DÉTERMINER L'AGE
DES CHARTES ET DES MANUSCRITS NON DATÉS
ÎO PLANCHES IN- 4"
To4T{IS
JULES MARTIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR
l8, RUE SÉGUIER
M DCCC LXXXV
AVERTISSEMENT
DES
V1{ÊCÉVEC^TES ÉVITIONS
,i les connaissances paléographiques étaient
:plus répandues, on verrait moins de titres
•précieux détruits par ignorance; les dépôts
d'archives et les bibliothèques de manuscrits seraient
dans un meilleur ordre; les travaux de dépouillement
s'exécuteraient avec plus d'activité ; les commissions,
les correspondants historiques seraient plus à même
à l'aide de copistes habiles , de remplir sûrement et
promptement la mission qui leur est confiée; et enfin
i
AVERTISSEMENT
un plus grand nombre d'écrivains reconnaîtraient que
toute histoire ne saurait être mieux écrite et plus
fidèlement traitée que les preuves en main. Mais où
les puiser, ces connaissances paléographiques, pour
ceux qui demandent à les acquérir? Est-ce dans d'é-
normes ouvrages de diplomatique? Mais, comme l'a
dit un ministre * aussi profond érudit qu'ardent inves-
tigateur de nos archives nationales : « Nos traités de
paléographie, qui sont entre les mains de nos savants,
ne sont que d'un faible secours pour ceux qui veulent
se livrer à cette étude. Les ouvrages des bénédictins
sont trop volumineux ou manquent de méthode;
d'autres offrent des planches mal exécutées ; les traités
allemands sont d'une science diplomatique trop haute
et ne peuvent être utiles que pour les manuscrits ger-
maniques. » En général, on peut même dire que tous
ces traités contiennent plus de diplomatique que de
paléographie proprement dite. C'est donc un ouvrage
élémentaire qu'il faut, une méthode aussi claire que
précise, qui apprenne à soulever toutes les difficultés
que présente la lecture des écritures anciennes; qui,
1 M. Guizot, Rapport au roi sur Vétatdes travaux historiques.
AVERTISSEMENT
par son format commode et portatif, puisse accom-
pagner l'investigateur ou le copiste de documents
historiques ! Cette méthode, nous venons l'offrir au-
jourd'hui : on jugera de son utilité; si elle peut être
bien accueillie de ceux qui la prendront pour guide,
nous leur dirons : Hâtez-vous d'apprendre, pour uti-
liser, avant leur entier dépérissement, les monuments
écrits qui s'altèrent chaque jour!
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PALÉOGRAPHIE
DES CHARTES
ET
VES mzÂ7<iVSCT{lTS
U^jy^)) A paléographie estla science desanciennes
&* JmP-^ écritures : c'est par elle qu'on parvient
ilè V4i 6 C à déchiffrer tous les monuments écrits
qui nous sont restés de l'antiquité et du moyen
âge. Tels sont, pour cette dernière époque, à
PALEOGRAPHIE
laquelle nous nous bornons en partie, les inscrip-
tions, les monnaies et les médailles, les sceaux, les
manuscrits, les diplômes, les chartes et tous titres
sur parchemin.
Quoique nous ne l'appliquions, dans cette mé-
thode, qu'au déchiffrement des manuscrits, diplô-
mes1, chartes et autres titres, cette paléographie
spéciale n'en est pas moins importante : les maté-
riaux sur lesquels elle s'exerce étant très-nombreux,
son étude se fait sentir bien davantage par les
secours qu'on en peut tirer en diverses circons-
tances , et spécialement pour notre histoire natio-
nale, à laquelle elle offre les moyens de puiser, à
leurs véritables sources, les documents qui doivent
l'éclairer sur les origines, les vicissitudes et les
particularités de notre langue, de notre littérature,
de nos mœurs, de nos usages, de nos coutumes,
de nos lois, de nos sciences, de nos arts, de nos
monuments, etc., etc.
Ainsi la paléographie, telle que nous l'entendons
ici, ne comprend pas seulement, comme on pour-
rait le croire d'abord, l'étude des difficultés pure-
» On entend ici par diplômes toutes lettres patentes des
anciens temps émanées des empereurs , des rois, des princes,
des républiques, des grands seigneurs et des prélats. — Charte
est un terme générique qui, au moyen âge, a servi à désigner
toute espèce d'actes.
PALEOGRAPHIE
ment matérielles de l'écriture ; elle exige encore des
connaissances auxiliaires, sans lesquelles on ne pos-
séderait qu'imparfaitement la science du déchif-
frement.
Donc, à l'étude des alphabets, des liaisons et
conjonctions de lettres, des signes abréviatifs, ortho-
graphiques, de correction et des chiffres, nous
joindrons les connaissances indispensables du style,
de l'orthographe et des divers modes d'abréviations
en usage dans les anciennes écritures.
Voilà en quoi consiste la paléographie proprement
dite, qu'il ne faut pas confondre avec la diploma-
tique, comme l'ont fait quelques-uns, bien que ces
deux sciences se prêtent un mutuel secours : cette
dernière ayant plus pour objet la critique des monu-
ments écrits que leur déchiffrement.
Nous diviserons cette méthode en quatre parties :
La première résumera d'une manière méthodique
et précise les principales connaissances qu'il importe
d'acquérir d'abord pour bien se préparer à la lec-
ture des chartes et des manuscrits.
La deuxième traitera des abréviations usitées au
moyen âge et de leurs différents systèmes. C'est dans
cette partie qu'on apprendra à résoudre une des plus
grandes difficultés des écritures anciennes.
La troisième contiendra : 1 ° quelques observations
PALEOGRAPHIE
préliminaires sur la lecture et la transcription des
chartes et des manuscrits; 2° la reproduction en
caractères usuels des écritures représentées dans les
planches; 3° un aperçu sur la constitution ou le
caractère particulier de l'écriture de chaque siècle,
avec l'indication des principales difficultés qui s'y
rencontrent; 4° les règles de critique applicables à
l'authenticité des manuscrits et des chartes; 5° et
celles dont on doit s'aider pour reconnaître l'âge
d'un manuscrit ou d'une charte sans date.
La quatrième enfin comprendra une instruction
sur les sceaux qui accompagnent les actes du moyen
âge, et expliquera les difficultés paléographiques
qui se rencontrent dans leurs légendes; on y trou-
vera aussi les règles de critique applicables aux
sceaux.
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Lettres abréviatives ( 1 )
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Petites lettrée supérieures abréviatives.
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PREMIERE PARTIE
DES DIFFICULTÉS MATÉRIELLES ET ACCESSOIRES
DE L'ÉCRITURE
On ne doit jamais perdre de vue que les
règles de la paléographie souffrent de nom-
breuses exceptions.
Nouv. Biplom. des BB.
eux sortes d'écritures divisent les maté-
riaux manuscrits du moyen âge et des
derniers siècles :
L'une posée, régulière, communément réservée
pour les livres dits manuscrits.
L'autre cursive, expédiée, propre aux chartes,
diplômes et tous actes publics.
10 PALEOGRAPHIE
C'est cette dernière écriture qu'il importe surtout
d'étudier, puisqu'elle présente un plus grand nom-
bre de difficultés, et que c'est aussi des chartes et
des titres que l'histoire tire ses matériaux les plus
abondants.
ALPHABETS
La connaissance des caractères alphabétiques
propres à l'écriture de chaque siècle est de pre-
mière nécessité dans l'étude du déchiffrement.
Pour bien se familiariser avec les formes de
chaque élément, on devra:
\ ° Passer en revue les deux alphabets, et prin-
cipalement les minuscules1, si multipliées dans
l'écriture;
2° Étudier la forme propre à chaque lettre, avec
sa valeur;
1 Dans les alphabets représentés dans les planches, les lettres
sont rangées dans le même ordre que les nôtres : toutes celles
d'égale valeur sont renfermées entre deux points.
PREMIÈRE PARTIE 11
3° Remarquer les lettres qui ont une tendance à
se ressembler par la forme, et dont la valeur diffé-
rente peut occasionner des méprises et nuire à l'in-
telligence des mots où elles se trouvent. Par exem-
ple, on est porté, dans les écritures du xivc au
xvne siècle inclusivement , à prendre, par plus ou
moins de ressemblance :
b pour v et vice versa, xvne siècle excepté.
xive sièele excepté.
c —
e
id.
g -
q
id.
h -
s
id.
j -
i
id.
1 -
c
id.
n —
u
id.
o —
r
id.
P —
x
id.
xvne siècle excepté.
Observer enfin la différence des formes dans
les lettres de même valeur (c'est pour cette raison
que, dans les alphabets, on a représenté les diffé-
rentes formes sous lesquelles on est exposé à ren-
contrer une même lettre) ;
De là passer aux liaisons.
12 PALEOGRAPHIE
1T
LIAISONS ET CONJONCTIONS DE LETTRES
Dans les écritures cursives des xive, xvc, xvic et
xvne siècles, on rencontrera souvent des liaisons et
conjonctions de lettres qui présenteront de l'obscu-
rité. C'est pourquoi, outre les enjambements de
mots les uns sur les autres, les entrelacs, les liga-
tures, les passes et toutes les licences que se per-
mettaient les écrivains prétentieux des derniers
siècles, on fera bien d'examiner attentivement dans
l'écriture de chaque siècle :
1° Toutes les lettres liées1 et les lettres con-
jointes2 les plus fréquentes;
2° Les liaisons et les conjonctions qui ont une
fausse ressemblance et pourraient induire en erreur;
3° Les mêmes lettres différemment liées ou con-
jointes;
1 Les lettres liées sont celles qui sont unies par un délié.
- Les lettres conjointes diffèrent des lettres liées en ce qu'elles
sont si étroitement unies qu'elles perdent presque toujours une
partie d'elles-mêmes. (Voyez les liaisons ha, ma, do, ra, re, ri,
du xive siècle, pi. IV.)
PREMIÈRE PARTIE 13
4° Enfin l'altération que les lettres sont suscep-
tibles d'éprouver par l'effet de la liaison ou de la
conjonction.
III
SIGNES ABREV1ATIF3
Les signes abréviatifs constituent une des princi-
pales difficultés matérielles de l'écriture ; pour en
avoir la clef, il faut recourir au chapitre des abré-
viations, où non seulement on trouvera une entière
explication des signes abréviatifs, de leur nombre,
de leurs figures, de leur valeur, de leur emploi,
mais encore on apprendra à connaître les divers
modes d'abréger des scribes et des copistes du
moyen âge.
Jusqu'à ce qu'on soit parfaitement instruit sur
cette partie essentielle de la paléographie, les
tableaux d'abréviations, qui accompagnent les
planches d'écritures, seront d'un grand secours
pour l'interprétation des abréviations qui se ren-
contrent le plus fréquemment dans les titres. Les
signes abréviatifs y sont figurés avec leur signifi-
cation et leur emploi, à mesure qu'ils se montrent
usités de siècle en siècle.
14 PALÉOGRAPHIE
IV
SIGNES ORTHOGRAPHIQUES
Rien de plus irrégulier, rien de plus arbitraire
que l'emploi comme la forme du petit nombre de
signes orthographiques qui se montrent dans les
anciennes écritures. Il est beaucoup de titres où
ils sont même négligés.
Pour faciliter l'intelligence de ces signes, voici
les remarques les plus générales :
Au xie siècle, le point rond (.) sert pour les deux
points et la virgule; et l'un de ces signes (.; 5))
pour le point.
Dans ce siècle comme dans les suivants, les sigles
ou lettres isolées, les lettres numérales, les mots
inachevés sont souvent accompagnés d'un point.
Exemple : T. ou Test, pour testibus; Rothom. #0-
thomagensis; W. Willeîmus; x. viij. dix-huit, etc.
Au xue siècle, la figure la plus ordinaire du
point et de la virgule ressemble assez à notre vir-
gule renversée («^); mais on trouve également le
point rond (.), pour exprimer tantôt la virgule,
tantôt le point.
PREMIÈRE PARTIE 15
Dans ce siècle, et quelquefois au xic, on employait
pour les deux points cette figure ( ?); quelques
écrivains s'en sont servis indistinctement pour mar-
quer les différents membres d'une période.
Au xme siècle, dans les manuscrits comme dans
les chartes, les signes de ponctuation sont bien
négligés. Dans ce siècle, disent les savants BB.
diplomatistes, on substitua des accents (/) plutôt
que des virgules à tous les points, en conservant
néanmoins les accents ou les virgules couchées (/)
dans les endroits où le sens n'était qu'un peu
suspendu.
Au xiv° siècle, on trouve le point rond (.) à la
fin des phrases et les petites barres obliques très
fines (/ ) pour marquer les différentes pauses du
discours. Elles tiennent en quelque sorte lieu de
notre virgule.
Au xve siècle, comme au précédent, le point
rond (.) se mettait pour le point final, et les barres
inclinées pour les autres pauses (/).
Au xvic siècle, on employait le point rond ou
carré (. ,), la virgule (,) et les deux points ronds ou
carrés ( • [) dans le même sens que les nôtres ; on ne
se servait pas encore du point et virgule (;).
Au xvne, le point (.), les deux points (:), le point
1G PALEOGRAPHIE
et virgule (5) remplissent les mêmes fonctions que
les nôtres.
Quant aux points d'interrogation et d'exclama-
tion, ils ont été tout aussi peu régulièrement suivi?
que les autres signes de ponctuation; telles sont les
formes sous lesquelles on les rencontre le plus ordi-
nairement du xie au xvne siècle :
« Point d'interrogation : j<> -O ^ P ?.
Point d'exclamation : 0. '0. t) 0. ! .
A l'égard de ce dernier, plusieurs copistes ont
figuré l'exclamation par deux points mis à la fin de
la phrase ; exemple : 0 faciem pulchram :
D'autres, par deux points placés au-dessus du
premier mot de la phrase exclamative : proh dolor.
D'autres, enfin, par le signe d'interrogation ou
tout autre.
Du xi° au xv° siècle inclusivement, on trouve des
accents sur les i ( {*), particulièrement lorsqu'ils
sont voisins des lettres $', m, n, u, ce qui sert à les
distinguer. Ce ne fut qu'au xvie que les points sur
les i remplacèrent les accents.
Les accents aigu, grave, circonflexe, dont nous
nous servons si utilement aujourd'hui, n'étaient pas
connus des anciens écrivains; on verra à l'article
Orthographe comment ils y suppléaient.
PREMIÈRE PARTIE 17
Nous en pouvons dire autant de l'apostrophe,
de la cédille, du tréma, du tiret1, qui n'ont com-
mencé, comme les accents, à être usités qu'au
xvi° siècle, quoique quelques-uns d'entre eux aient
pu se montrer vers la fin du xvc siècle.
La parenthèse, d'un usage très ancien, se trouve
exprimée dans les manuscrits tantôt par deux traits
demi-circulaires ainsi disposés ( j, tantôt par deux
crochets plus ou moins allongés [ ].
Les guillemets, dont la fonction est de désigner
une citation, se reconnaissent, soit par un trait
horizontal (— ), soit par une sorte de 7, soit par de
petits s renversés (2?), soit enfin par de longues
virgules ou sortes d'accents ( f/ ) placés en tête de
chaque ligne.
SIGNES DE CORRECTION
Voici les différents modes de correction génera-
1 On pourrait dire que le tiret ou trait d'union a été connu
des anciens copistes, en ce sens qu'ils l'employaient sous la
forme de deux traits obliques (") à la fin des lignes, pour indi-
quer qu'un mot inachevé se terminait au commencement de la
ligne suivante.
18 PALEOGRAPHIE
lement adoptés par les anciens correcteurs de
manuscrits et par les écrivains eux-mêmes.
Pour retrancher un mot inutile, ils mettaient un
point sous chaque lettre de ce mot.
Exemple : Vinum non amabat.
S'il n'y avait qu'une ou deux lettres à supprimer
dans un mot, ils les désignaient par un point égale-
ment mis au-dessous.
Exemple : Edifificavit.
Voulaient-ils substituer un mot à un autre, une
lettre à une autre lettre ? Ils sous-ponctuaient encore
le mot ou la lettre à enlever, et traçaient au-dessus
la correction.
petis
Exemple iquidqueris, c'est-à-dire : quid petis, au
lieu de quid queris. Voyez les mots facimus, suum,
meos, scapulus, miserum (PI. VIII, case 3, ex. n),
où les corrections à faire sont indiquées : au lieu de
facimus, il faut lire fecimus; suam, au lieu de
suum, et ainsi des autres. *
Si une lettre devait être ajoutée dans un mot, elle
était tracée immédiatement au-dessus de l'espace
qu'elle devait occuper dans le mot. (Voir PI. VIII,
case 3, ex. i, les mots vinea, abbas, evangelista,
videbunt, mea, dixit.)
Lorsqu'un ou plusieurs mots se trouvaient trans-
PREMIÈRE PARTIE 19
posés, deux petites barres obliquement jetées au-
dessus et en tète de chacun de ces mots faisaient
connaître que le dernier accentué devait se mettre
à la place du premier.
Exemple : Edificant II hortos et plantant il domos;
c'est-à-dire : Edificant domos et plantant hortos.
Pour un mot omis, une phrase oubliée ou à sub-
tituer, une citation, une correction importante, le
signe de renvoi à la marge consistait ordinairement
en deux petits traits obliques ("). Exemple :
// petendum Avarus ad II promptus, ad dan-
dum tardus;
c'est-à-dire : Avarus ad petendum promptus, ad
dandum tardus.
Tels sont les moyens ordinaires de correction ;
on peut en rencontrer d'autres, mais ils sont si
arbitraires que nous n'avons pas jugé à propos d'en
parler.
VI
CHIFFRES
Les chiffres romains ou lettres numérales offrent
peu de difficultés sous le rapport de leurs formes.
20 PALEOGRAPHIE
Il arrive seulement que, exprimés le plus souvent par
des caractères minuscules1, ces chiffres tendent à
se confondre avec les autres lettres, surtout dans
récriture cursive. On évitera donc de prendre les
nombres qu'ils représentent pour des mots abrégés
ou autres, et l'on devra s'attacher autant à leurs
formes qu'à leurs diverses combinaisons servant |
à figurer soit le même nombre, soit des nombres !
différents.
Quant aux chiffres arabes, ils exigent plus d'at-
tention. Quoique connus en France au xiiic siècle,
ils n'ont guère commencé à être d'un usage vul-
gaire que vers la fin du xve, et n'ont été employés
dans les actes qu'au xvi» siècle. On les rencontre
dans les manuscrits bien avant cette époque, spé-
cialement dans ceux qui traitent de mathématiques,
d'astronomie, d'arithmétique et de géométrie : on
s'en est servi aussi pour les chroniques, les calen-
driers, et même pour chiffrer chaque feuillet ou
chaque cahier des manuscrits. Cependant l'usage
des chiffres romains a longtemps prévalu; ils se
sont maintenus constamment dans les actes pour
marquer les dates jusqu'au xvne siècle.
La forme des chiffres arabes n'a pas moins varié
1 Excepté les lettres C. L. et quelquefois V., qui sont ordinai-
rement capitales.
PREMIÈRE PARTIE 21
VU
STYLE
Nous avons dit que, indépendamment des diffi-
cultés purement matérielles de l'écriture, il s'en
rencontre d'autres dont la solution n'est pas
moins importante.
En effet, quels obstacles ne se présentent pas
encore si un mot, dont on a bien déchiffré toutes
que celle de notre écriture; c'est pour cette raison
qu'il faut étudier sur le tableau :
1° Les différentes formes que chaque signe j
affecte ;
2° Les rapprochements qui existent entre les
chiffres de différente valeur et les accidents qui
les distinguent;
3° Enfin leurs diverses combinaisons avec les
nombres qui en résultent.
Quelques écrivains ont quelquefois combiné les
chiffres arabes avec les chiffres romains : ils met-
taient X2 pour 12, X3, pour 13, XX4 pour 24,
etc., etc.; mais ces exemples sont peu communs.
'22 PALEOGRAPHIE
les lettres qui le constituent et les divers signes
accidentels qui le caractérisent, appartient ou à la
basse latinité, ou à notre vieille langue, ou à une
orthographe vicieuse, ou enfin à une abréviation
qui le rend tout à fait obscur? Il peut à la fois être
enveloppé de quelques-unes de ces difficultés. On
comprend que la science paléographique serait
incomplète si elle ne s'attachait pas à les résoudre.
Ainsi, à regard du style informe de la basse
latinité et du vieux français, il se présentera bon
nombre de mots qui feront hésiter dans le déchif-
frement, par l'impossibilité de s'en rendre compte.
Qu'on trouve, par exemple, les mots latins suivants :
Listra, scambiare, abotat, guerpire, warantizare,
relegium, merelli, treuga, etc., etc., et ceux-ci en
français :
Cuens, ensieutj pieca, warder, ensement, ens,
prou, tuit} vezci, quanque, consaux, etc., etc.,
Ne s'imaginera- 1- on pas avoir mal lu ces mots,
par cela même qu'on ignore leur signification?
Tandis que l'incertitude cessera, si Ton réfléchit que
ces mots inintelligibles peuvent appartenir au style
de l'une ou de l'autre langue que nous venons de
signaler, et qu'on doit alors, pour s'en assurer,
consulter les ouvrages qui suivent :
PREMIÈRE PARTIE 53
Pour le bas latinisme : le glossaire de du Cange
et son supplément, par dom Carpentier; le diction-
naire diplomatique ou étymologique des termes
des bas siècles, par Montignot ; le dictionnaire
étymologique des droits royaux et seigneuriaux,
par Ch. Dugas; le vocabulaire universel des mots
de la latinité des différents siècles, de Chompré ;
Pour le bas gallicisme : le glossaire de la langue
romane de Roquefort; — du bas gallicisme contenu
dans le 4e volume du supplément au glossaire de
du Cange ; — du droit français d'Eusèbe de Lorière ;
le dictionnaire du vieux langage français de La-
combe; — praticien gothique de la diplomatique
de Lemoine; l'introduction à la pratique, contenant
l'explication des principaux termes de pratique et
de coutume, par Cl. de Ferrière \
Ces ouvrages donneront en outre l'explication
d'une infinité d'expressions, de formules, de termes
d'usage, de pratique et de coutume dont la con-
naissance est également utile pour la lecture et
l'intelligence du sujet qu'on déchiffre.
1 On peut recourir aussi avec avantage aux dictionnaires des
patois, selon le pays où a été écrit le document qu'on a à dé-
chiffrer.
24 PALEOGRAPHIE
VIII
ORTHOGRAPHE
Pour être aidé dans le déchiffrement de plusieurs
mots inintelligibles qui se montrent dans les an-
ciennes écritures, il ne suffit pas de connaître les
termes du bas latinisme et du bas gallicisme; il est
bon aussi d'avoir quelques notions sur l'ortho-
graphe des anciens.
Au moyen âge, la langue latine, chargée d'une
multitude de mots étrangers, plus ou moins bar-
bares, acheva de se corrompre par une orthographe
vicieuse. Ainsi, dans les manuscrits et les actes
latins du xic au xvie siècle inclusivement, on re-
marquera une quantité de mots défigurés, soit par
le changement, soit par l'addition, soit par le re-
tranchement d'une ou plusieurs lettres, outre les
altérations qui résultent de l'ignorance et de l'inad-
vertance des écrivains. Nous donnerons ici la liste
des fautes qui se commettaient le plus fréquem-
ment :
PAR CHANGEMENT
b pour p : obtimus, scribta, obponeret.
Alphabets .
Ecriture du XI? Siècle .
xercices,
Abréviations.
«/•'V^Vlv^Siv.A.C
fi.iiiLie.w.ô
rw*rni c a
r.u
jktt.Uk.ll.tnoï.ui7.^o.t»jp.aa
ttaamco
<a . a t* f r . i IS.'C •*»
^ôfrcum coiutax m commune iuI-
l^*c ïtc1 ta tvidtcarc i?oi?uli5a; ]ul?avru Clx tcnxuv' l;oc de/
aobiT woinvilcraxum lAevaarari ot>Tu\£arut<rov«m nwzrâ. manu
lUTr^r âpt>okco jtcruo vobojauvmuj àcu\\ futeubuj nora-tj »vc|cnnbiq ro
>ratxoum cj^c-uamxuj iiora^c a miammj liimllo nijupey^ ajj\muj*tauîlmt
.^v.t.
XK.B.C.'Dfc.eE.FY. 6Ç.V>H.J
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i Vvmo Jnxaj-n AVxvtl ""7 -Lm ^.«.^jy.,™
em? &Aà\jlivS . . ^ (pe fâUtaf eai^r c^onaJWu? Scï ctfioaS <ut
tnmaa^amm (taiLotyS etufclc loci aV&tru" fvlua c^uaitcU vu morter £j
-v fivp mita atie CàiUaj^s cltar fixa, aue cv^lT foualU uicer i&carœ..
Sic-^va)Gvitti^l£6i5aH6loSv,vo9U J 4. 5i6ijV ^£6i^£ OpAVïvtàvS T
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b
PREMIÈRE PARTIE 25
pour
V
: octabas, vibens, cibitate.
c
—
d
: quicquid.
c
~~*
t
: eciam, tertio, graciant, quocies,
peticione.
c
qu
: cotidie, coniam, cocus, condam,
coque, cando, catenus, cas,
Secana.
d
—
t
: adque, adtamen, capud.
e
— ae, œ
: mee, sancte, nostre, seculum,
hères, hec, celum.
f
—
ph
: fisicos, Faramundus, dalfinus,
fisica.
i '
—
j
: deiicere, iustitiam.
k
—
c
; karissimi, kalendas, karta: ha-
ritatis.
k
—
qu
. ki.
q
—
c
: mequm, pequnia, sequs.
q
—
qu
equs, qoniam, eqi valet.
t
—
d
haut, set, quit, aput.
u
-
i
i
estumare, optumus.
u
—
V
paruum, uerum, inuenit.
V
—
u
vnum, vnquam, vt, vno.
V
g
varantizare, Vasconia; de même
du w : Wuido, Wiilelmus.
y
—
i
ydolis, epyscopum.
26 PALÉOGRAPHIE
PAR ADDITION
Auctum
pour actum.
Carthis
— cartis.
Chalendas
i
— calendas.
Charissimi
— carissimï.
Dampnctur
— damnetur.
Dicxit
— diœit.
Ectiam
— etiam.
Euuangelium
— euangelium.
Nichil
— nihil.
Michi
— mihi
Pechiam
— peciam.
Traccci
— traxi.
Verumptamen
!
— verumtawen.
1
PAR RETRANCHEMENT
Ali
pour olii.
Deicere
— dejicere.
Domni
— domini.
Ebdomada
— hebdomada.
Emtio
— emptio.
Fibla
— fibula.
Jusit
— jussit.
Mi
— mihi. j
Nepti
— nepoti.
— - i
PREMIERE PARTIE
Pulcris
pour pulchris.
Scisma
— schisma.
Ymnus
— hymnus.
PAR TRANSPOSITION
Suscepta
pour suspecta.
Qaantam
— tanquam
Insula
— inlusa.
Lcta
— tela.
Velis
— levis.
Esse
— sese.
MOTS ÉCRITS LES UNS POUR LES AUTRES
Extemplo
pour
exemplo.
Sic
—
si.
Credidit
—
crediderit
Moneris
Audeant
-~"
monueris.
gaudeant.
Editiones
—
edictiones
Frustres
—
frustra es
Movere
—
moveri.
Quant à notre langue française, qui, pendant
plusieurs siècles, resta sans grammaire, les mots
s'y rencontrent sous une si grande variété de
&* PALÉOGRAPHIE
formes dans leur orthographe qu'un volume entier
suffirait à peine pour expliquer toutes les vicissi-
tudes de chaque mot : nous nous bornerons donc
à quelques remarques indispensables sur la manière
d'orthographier des anciens écrivains.
Formée en partie du latin, notre vieille langue
se régla souvent sur lui pour la composition ortho- j
graphique des mots qui en dérivaient. Ainsi, avec \
de légères modifications, on écrivait advocat venant ;
tfadvocatus, dicte de dicta, escriptes de scriptas,
subjecte de subjecta, soubz de sub, faict de facta,
doibt de débet, doulce de dulcis, etc., etc.
D'autres mots étaient écrits moins selon leur !
analogie étymologique que selon leur prononcia- j
tion, modifiée par les différents idiomes, dialectes
et jargons du pays où se parle la langue.
Tels sont chinq pour cinq, che pr ce, veci pr voici,
sexante pr soixante, ren pr rien, quemencher pr com- \
mencer, mobles pr meubles, neuches pr noces, escange
pr échange; men, ten, sen, pr mon, ton, son ; mains
pr moins, lof pr leur, religious pr religieux, souf-
frant pr suffisant, souvent pr surent, Diex pr Dieu,
quer pr car, seignor pr seigneur, se pr si, ne pr ni,
etc., etc,
En l'absence d'accents, les mots se surchargent
PREMIÈRE PARTIE 29
de certaines lettres que nous avons supprimées au-
jourd'hui.
En voici quelques-uns où le redoublement d'une
même lettre tenait lieu de l'accent circonflexe :
aage pr âge, empeechement, meemement ou meesme-
ment, aame, seel, Aalix, etc.; mais le plus géné-
ralement Ys s'employait de préférence pour mar-
quer l'accent circonflexe et même l'accent aigu1;
exemple : mesme, pasture, coustume, fust, feste,
for est, blasme, estre, disme, honneste, — eslire,
mespris, estant, mesnager, destruire, etc., etc.
L'é fermé ne portant pas d'accent, on ne peut le
distinguer que par le sens qu'exige la phrase.
On écrivait sans accent aigu : condamne pour
comdamné, concède pr concédé, donne pr donné, pré-
pare pr préparé, édifie pr édifié, cite pr cité, ferme
pr fermé.
Les caractères prosodiques de simple prononcia-
tion, tels que l'apostrophe, la cédille, le tiret et la
diérèse, n'étaient, pas plus que les autres accents,
en u?age avant le xvi° siècle.
On écrivait donc sans apostrophe : marne, seglise,
1 Elle se plaçait immédiatement après la voyelle où l'accent
se fait sentir.
30 PALÉOGRAPHIE
sespouse, mamie1, pour m'ame, s'église, s'espouse,
ri amie ; dire p* d'ire, lune pr l'une, quay pr qiïay,
sen pr s'en, Ion pr l'on; len, ten, men, pr l'en, t'en,
m'en, etc., etc.
Quelquefois, les écrivains ne faisaient pas de
retranchement de la voyelle.
Exemple : je le ay pour je l'ai, je te expose pr je \
t'expose, etc.
Sans tiret : diroi ie, est ce, sont ils, disoit il,
dist il.
Unissant les mots que nous divisons : tresbon,
treshault, tressaincte.
Sans cédille : commença2, deçà, scavoir, façon,
pieca, decu, etc.
Sans diérèse ou tréma : aiguë, ciguë, ambiguë.
Examinons maintenant quelles lettres s'em-
ployaient ou s'omettaient fréquemment dans les
mots, et que par la suite nous avons changées,
ajoutées ou retranchées :
G. Dict, faict, picque, appoinctement, auctorité,
publicque, conduicte, edict, etc., pour dit,
fait, etc. -,
1 Avant le xve siècle, parce qu'ensuite on remplaça cette
manière de parler par mon âme, son église, etc.
2 Quelques écrivains ajoutaient la lettre e pour adoucir le c.
Exemple : commencea, decea, deceu, etc.
PKEM1ÈKE PARTIE 31
D. Vindrent, tindrent, advindrent, void,prindrent,
pour vinrent, tinrent, etc., ete.;
E. Il veist, il feist, il preist, il meist, il deist, il
peust, pour il vit, il fit, il prit, etc., etc.;
G. Loing, tesmoings, soing, ung, besoing, pugnis,
preignent, etc., etc., pour loin, témmns,
etc., etc.;
I. Imaige, couraige, Bourgoigne, montaigne, be-
soigne, compaigne, passaige, langaige, oui-
traige, mangié, sachiez, menaciez, iugié, chief,
etc., etc., pour image, courage, etc., etc. ;
J. Iugé, iniustice, enioindre, iusques, sérient,
iardin, iadis, etc., etc.; pour jugé, injus-
tice, etc. ;
L. Oultre, faulte, ceulx, haulte, eulx, veult, beaulx,
auhune,vaul droit, aultruy ,maulvais9 vieulx,
herault, etc., pour outre, faute, etc.;
0. Estoient, auoit, disoit, croyoit, viuoit, taxoit,
souloit, appartenoit, prêtendoient, etc., pour
étaient, avait, etc.;
S. Avon, feson, dison, appelon, prenon, etc., pour
avons, faisons, etc. ;
T. Il souffri, il menti, il fi, il deffendi, entendi,
consenti, etc., pour il souffrit, il mentit, etc.;
32 PALEOGRAPHIE
T. Grant, entent, froit, prêtent, prent, vieillart,
attent, etc., pour grand, entend, etc.;
U. Summe, pronuncé, volunté, numbre, presump-
tion, umbre, etc., pour somme, prononcé, etc.;
i
U. Inuentaire, uêrité, auons, f envier, deuant,
peuuent, enuie, etc., pour inventaire, vé-
rité, etc.;
V. Vne, vsaige, vnis, vtile, ovltre, pevt, vsurper,
etc., pour une, usage, etc.;
Y. Moy, toy, soy, roy, luy, loy, boys, autruy, vray,
quoy, fuyr, ny, guyde, amytié, aussy, ayde,
etc., pour moi, toi, soi, etc.;
Z. Quilz, fruictz, dictz, loyz, acheptez, telz, touz,
flz, estez, noz, escriptz, coustz, ïesditz, men-
tionnez, etc,, pour qu'ils, fruits, etc.
La diphthongue ai était souvent représentée par e.
Exemple : francese, mes, fontene, james, reson,
mauves, contrere, par f et, fortrere, lesse, etc., pour
française, mais, etc.
Les anciens écrivains ne connaissaient pas Fusage
de notre t euphonique, ils écrivaient : dira on pour
dira-t-on, fera elle pr fera-Pelle, amena il pr ame-
na-t-il; il leur arrivait de se servir quelquefois de
la lettre l par euphonie avec la particule on.
PREMIÈRE PARTIE , 33
Exemple : cuide Ion, peut Ion, voit Ion, croira
Ion, pour cuide-t-on, peut-on, voit-on croira-t-on.
Ils mettaient aussi le pluriel pour le singulier.
Exemple : vnes lettres, pour une lettre; vns
autres, pr un autre, etc., etc.
Ils supprimaient parfois la préposition de.
Exemple : la maison Dieu, le jardin Jehan, la
mère Dieu, le fils Pierre Gaultier, pour la maison
de Dieu, le jardin de Jehan, etc.
La préposition du ou de se remplaçait encore par
l'article le.
Exemple : la cause le Roy, pour la cause du
Roy, etc., etc.
Indépendamment de ces remarques, qui sont
loin d'être complètes, il ne sera pas inutile de lire
souvent nos vieux auteurs français, pour se faire
autant au style qu'à l'orthographe qui caractérisent
les époques où ils ont écrit. Et les glossaires que
nous avons indiqués à l'occasion du style serviront
aussi à faire reconnaître une foule de mots dénatu-
rés par une orthographe barbare.
(M^n/TW
SHs
DEUXIEME PARTIE
DES DIFFÉRENTS MODES D'ABRÉVIATION
USITÉS PAR LES SCRIBES ET LES COPISTES
DU MOYEN AGE
Combien d'erreurs n'a pas produites la
témérité des copistes anciens et modernes
lorsqu'ils ont voulu rendre des abrévations
qu'ils n'entendaient pas.
Nouv. Diplom. des BB.
es diplomatistes bénédictins ont dit, en
parlant des notes de Tiron :
V*v i C (( Il nest pas surprenant qu'on ait fait
si peu de progrès dans la connaissance de cette an-
cienne tachygraphie. Dans la science des notes tiro-
niennes comme dans toutes les autres, il n'est pas
36 PALEOGRAPHIE
possible de réussir si l'on ne découvre une bonne
méthode pour les expliquer par principes. Il faut
savoir d'abord quelle est la nature des signes consti-
tutifs de ces notes, ensuite les distinguer les uns des
autres, les décomposer et les anatomiser. La ferme
persuasion où l'on a été jusqu'à présent que la
plupart ne sont pas des lettres, mais des signes
purement arbitraires, au moins dans leur première
institution, a été cause que l'on s'est contenté de
rechercher leur signification dans quelques anciens
manuscrits, où elles sont rendues en latin, et d'en
composer des listes alphabétiques, sans expliquer
ni pourquoi, ni comment telles et telles figures
ont la valeur des lettres qu'elles expriment et des
mots qu'on leur fait signifier. »
Ce qu'on vient de lire sur les notes de Tiron ne
peut-il pas s'appliquer aux abréviations des chartes
et des manuscrits, qu'on a toujours regardées
comme arbitraires, et dont on n'a jamais débrouillé
les règles qui servent à leur construction? C'est ce
que nous allons essayer de faire dans cette deuxième
partie.
Pour rendre le travail de la transcription moins
pénible et plus expéditif, surtout dans un temps
DEUXIÈME PARTIE 37
où la plume seule suppléait au défaut d'imprimerie,
les scribes et les copistes du moyen âge ont fait
usage de différents modes d'abréger l'écriture,
savoir :
I o Par sigles ;
2° Par contraction ;
3° Par suspension;
4<> Par signes abréviatifs;
5° Par petites lettres supérieures;
6o Et par lettres abréviatives.
C'est de ces divers modes abréviateurs, employés
simultanément et diversement combinés entre eux,
que sont résultées ces nombreuses abréviations,
aux formes si variées, si capricieuses, qui four-
millent dans les écritures du xic au xve siècle
inclusivement.
Se livrer au déchiffrement, sans être initié au
mécanisme de chaque genre d'abréviations et aux
diverses règles qui concourent à leur construction
comme à leur explication, c'est vouloir deviner les
mots plutôt que les lire avec certitude.
II convient donc, après les notions préliminaires de
paléographie qu'on aura acquises dans la pre-
mière partie de cette méthode, d'étudier chacun
des modes d'abréger que nous allons expliquer pour
avoir la clef de toutes les espèces d'abréviations.
38 PALÉOGRAPHIE
ABREVIATIONS PAR SIGLES
Les sigles, dans la rigueur du mot et selon la
plus commune étymologie (singulœ litterœ), sont des
lettres uniques, isolées, dont l'emploi est de re-
présenter en abrégé les mots dont elles sont les
initiales1.
Ainsi une abréviation par sigle est un mot figuré
par sa seule initiale.
Exemple : S. pour salutem, signum, sigillum-, 0.
pr obitus ; C. pr capitulum, contra ; F. pr Franco-
rum, féliciter, etc.
Les abréviateurs se servaient d'un sigle pour
désigner :
\ ° Un nom, un prénom , comme H. pour Henricus
1 Dans les inscriptions, on distingue deux sortes de sigles :
les simples et les composés, lesquels se subdivisent en plu-
sieurs espèces. Ces distinctions sont inutiles pour nous ; car,
hors les sigles simples, nous ne voyons plus dans les autres
genres d'abréviations que des mots plus ou moins tronqués, qui
s'expliquent ordinairement soit par les signes, soit par les petites
lettres supérieures, soit par les lettres abréviatives qui les ac-
compagnent.
DEUXIÈME PARTIE 39
Hugo; W. pr Willelmus, Wido ; A. pr Ambrosius,
Augustin, Amalricus ; I. pr Johannes, Jacobus ; G.
pr Galterus, Gaufridus, Gislebertas ; 0.pr Osbernus,
Odo, Otfw ; R. pr Radulfus, Ricardus, Rogerius; U.
pr Unfridus; Y. pr Yvo, etc.
2° Un titre, une qualification, comme C. pT Co-
rnes; R. pr Rex; D. pr Bux, Deus, Dominicus; E.
pr Episcopus ; P. pp Pater, Pontifex, Papa ; F. pr
l'rater, Filius; M. pr Mater; B. pr Beatas ; S. pr
Sanctus; R. pr Reverendus; V. pr Venerabilis,
Venerandus, etc., etc.
3° Enfin tout mot d'un usage fréquent, ainsi que
plusieurs particules.
Exemple : i pr id est ; s pr scilicet; d pr de ; c pr
cwn ; p pr per, pro, par, pre ou prœ ; g pr qui,
qu%, etc., etc.
Pour exprimer cette dernière sorte de mots, le
sigle se montre rarement sans être accompagné d'un
signe ou d'une petite lettre abréviative qui sert à
l'expliquer.
Plusieurs sigles de suite annoncent assez ordinai-
rement des formules, des invocations, des expres-
sions consacrées, etc.; telles sont les suivantes :
A. D. M. Anno Domini Millesimo.
A. M. Ave Maria.
40
PALÉOGRAPHIE
B. M.
Beata Maria, Mater.
B. P.
Bealas Paulusy Petrus.
B. V.
Bene Y aie.
C. TT.
Cardinalis TiTuli.
D. A.
Dux Aquitaniœ.
D. B.
Dux Britannix.
D. G.
Bel Gratiâ.
D. N.
Dux Normannix
D. N. PP.
Dominus Noster PaPa.
E. R.
Ecclesix Romanx.
F. F. F.
Fiat, Fiat, Fiat.
H. R.
Henricus Rex.
I. B.
lohannes Baptista.
I. C. ou I.
X. Iesus Christus.
I. C.
Iuris Consultus.
I. D. N.
In Dei Nomine.
N. E. R.
Notaimis Ecclesiœ Romanx.
0. S. B.
Ordinis Sancli Benedicti.
P. S. R. I.
Princeps Sacri Romani Imper ii.
R. F.
Rex Francorwm.
R. P. D.
Rêver en dis simo Pairi Domino.
S. B.
Sanctus Benedictus.
S. C. M.
Sacra Cxsarea Majeslas.
S. D.
Salutem Dicit.
S. G.
Sanctus Gregorius.
S. M. M.
Sancta Maria Mater.
S. M, E.
1
Sancta Mater Ecclesia.
AlpkabetrO .
Ecriture du. XII? Siècle. Exercices.
Abréviations .
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c^ ^oc|> laWr atiànc Itur ck orna parencu {uo^S • cfc ajo
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■nxeoxD .nani
DEUXIÈME PARTIE 41
S. P.
Sacri Palatii.
S. R. E.
Sancta Romana Ecclesia.
s. V.
Sanctitas Veslra, Sancta Virgo.
S. Xu ou S.
C. Servus Christi.
T. V.
Titulo Quinto.
V. HL P.
Vestr a Rêver endissima Pater nitas.
V.S.
Vestrae Sanctitatis.
Il est une autre sorte de sigle qui se rencontre
plus dans les manuscrits que dans les chartes. Ce
sont des initiales doubles, qu'on appelle sigles répé-
tés. Leur emp
oi est de faire connaître que les mots
ainsi abrégés
sont au pluriel. En voici quelques
exemples :
ANN.
Annos.
BB.
Beati, Benedicli.
ce.
Carissimi, Claris simi, Capituli.
DD.
Domini.
DNN.
Domini.
FF.
Fratres, Filli.
KK.
Karissimi.
LL.
Libri.
MM.
Magistri, Martyres, Ministri.
NN.
Nostri.
NNR.
No s tr or uni.
NOBB.
Noliles.
00.
Omnes.
42 PALEOGRAPHIE
PP. Patres, Papm,
SS. Sancti.
TT. Tituli.
Cependant, comme il y a plusieurs exceptions à
celte règle, on évitera de confondre les abréviations
précédentes avec celles qui suivent :
A A. Anima.
CC. Circùm.
DD. David.
EE. Esse.
FF. Pandectœ.
GG. Gregorius.
MM. Mo?iumentum, Matrimonium.
00. Omnino.
PP. Papa, Perpétua.
RR. Rex et Regina.
SS. Subscripsi, Sacrosancta.
TT. Testamentum, Titulus.
TTM. Testamenlum.
XX. Fi0era*É.
Si les abréviations par sigles causent de grandes
difficultés dans la lecture des inscriptions romaines
qui en sont remplies, il n'en est pas tout à fait de
même à l'égard des chartes et des manuscrits, où
DEUXIÈME PARTIE 43
les scribes et les copistes employaient les sigles
concurremment avec des signes et de petites lettres
supérieures pouren faciliter l'interprétation, comme
on l'expliquera plus loin. (Voir, planche V, aux
mots abrégés : a0, anno ; gi, igitur; i, in, idest;
m, mihi; M0, millesimo; o, non; p, prœ, pro, per\
q, que, quœ; q1 qui, etc., etc.)
Il
ABRÉVIATIONS PAR CONTRACTION
Tous les mots dont on a retranché quelques
lettres médiales, en réservant la première et la der-
nière lettre, forment des abréviations par contrac-
tion, parce que, dans ce mode d'abréger, les mots
semblent resserrés, contractés entre l'initiale et la
finale.
Exemple : Flo pr falso; apli pr apostoli ; seis
pr sanctis; magro pr magistro; orones pr oratio-
?ies, etc., etc.
Dans cette sorte d'abréviation on a conservé pres-
que toujours une ou deux lettres médiates carac-
téristiques du mot, qui servent à le faire reconnaître.
41 PALEOGRAPHIE
Par cette raison, on ne peut confondre fio (falso)
avec fco (facto), lois (lectis) avec Iris (litteris), caplo
(capitulo) avec capllo (capellano), etc., etc.
Il y a aussi de ces abréviations qui n'ont seule-
ment que l'initiale et la finale.
Exemple : ms pr minus, hc pr hoc, tn pr tamcn,
os pr omnes, na pr natura, dr pTdicitur, qd pr quod,
apd pr apud, mo pr modo, nr pr noster, ne pr nunc,
It pr licet, sb pr sub, cm pr enim, mo pr meo, om
pr omnium, st pr sunt, te pr tune, etc., etc. Les
mots d'une ou de deux syllabes offrent plus spécia-
lement des contractions de ce genre.
On trouve encore des mots qui ne sont contractes
que dans la dernière ou les deux dernières syllabes.
Exemple : Super pr supersunt, inst pr insunt,
tuert pr fuerunt, dixert pr dixerunt, air pr aliter,
pluralr pr pluraliter, interdm pr interdum, actm
pr actum, etc., etc.
Suivant les accidents qui résultent de la déclina-
bilité ou de la conjugabilité des mots, la variation
des terminaisons se fait sentir immédiatement après
la lettre caractéristique, et, à leur défaut, après
l'initiale, ce qui permet de reconnaître le même
mot abrégé, malgré la différence de sa terminaison.
DEUXIEME PARTIE
45
Exemples de déclinaison et de conjugaison :
Subs
SINGULIER
tantif
PLURIEL
N. fr, frater.
fr-es,
fratres.
G. fr-is, fratris.
fr-um ,
fratrum.
D. fr-i, fratri.
fr-ibus,
fratrïbus.
A. fr-em, fratrem.
fr-es,
fratres.
V. fr, frater.
fr-es,
fratres.
Abl.fr-e, fratre.
fr-ibus,
fratribus.
Adjectif
scus
sca
scum.
sanctus
sancta
sanctum.
sci
sce
sci.
sancti
sanctœ
sancti.
SCO
sce
sco.
sancto
sanctœ
sancto.
scum
scam
scum.
sanctum
sanctam
sanctum.
sce
sca
scum.
sanctœ
sancta
sanctum.
SCO
sca
sco.
sancto
sancta
sancto.
46
PALEOGRAPHIE
Verbe
heo,
habeo.
heam,
habeam.
hebam/
habebam.
herem,
haberem.
hui,
habui.
huerim,
habuerim.
hueram,
habueram.
huissem,
habuissem.
hebo,
habebo.
hitum,
habitum.
huero.
habuero.
hiturus,
habiturus.
Il en est de même pour tous les substantifs, ad-
jectifs, verbes et participes contractés, dont toutes
les désinences ont été observées avec beaucoup de
régularité. Cela n'empêche pas cependant ces abré-
viations d'offrir quelques obstacles. Le tableau sui-
vant présentera leurs formes les plus communes et
aidera à interpréter les autres par approximation :
abbis, abbatis, abbem, abbe, abbibus.
apis, apostolus, apli, aplos, aplis.
aplica, apostolica, aplice, aplicis.
arbr, arbiter, arbri, arbro, arbris.
arepc, archicpiscopus, areps, arepus.
assilatur, assimilatar, assilant.
bs3 beatus, be, borum, bos, bis.
canes. canonkus, cancus, cancos,
caplm, capitulum, capli, caplo.
caplls, capellanus, capllo, cappllis.
chlr, chevalier, chr, chrs.
DEUXIÈME PARTIE 47
cla,
clausula, clam, clas, clis.
clicus,
clericuSj clici, clicos, clicis.
cois,
communis, coem, coe, coes.
des,
dictus, dee, dco, dcos, deis.
dio,
divisio, diois, dioem, dioe, dioes.
dns,
dominus, dni, dnm, dno, dnis.
dnicus,
dominions, dnica, dnice.
ds,
deus, di, dm, do.
ee,
esse, ert, erunt, eemus, essemus.
ecclia,
ecclesia, eceliam, eccliis.
elta,
elementa, eltos, eltis.
epe,
episcopus, eps, epi, epo, épis.
epla,
epistola, eplam, eplas, eplis.
exco,
excommunicatio, excois, excoem.
fes,
factus, fea, feo, fei, feos, feis.
fis,
falsus, flm, flo, flis, fla.
fr,
f rater, fris, frem, fre, fribus.
frna,
fraterna, frno, frais.
gla,
gloria, glia, glie, gliam.
glosa,
gloriosa, glose, glosi, glosos.
gra,
gratta, gre, gram, gras, grarum.
heat,
habeat, hat, hebant bendm.
hita,
habita, hitum, hituri.
ho,
homo, hois, hoem7ihoes, hoibus.
Ihs,
Ihesus, Ihm, Ihu.
Ihem,
Iherusalem, Ihlm.
impr,
imper ator, impris, impre.
48
-PALÉOGRAPHIE
instio,
institutio, instionis ou instinis.
instrm,
instrumentum, instro, instris.
lobs,
Iohanncs, lohes, lobis, lohe.
ipe,
ipse, ipa, ipum, ipius, ipos.
kls,
kalendas, klas, klarum.
kms,
karissimus, kmi, kmo, kmis.
lca,
lecta, lco, lcos, lcis.
Ira,
littera, Ire, Iras, Iris.
llima,
légitima, Rime, ltimis.
ma,
mea, mi, mo, mis.
mia,
mlsericordia, mie, miam.
mo,
modo, 7neo.
mm,
matrimonium, meum.
mr,
mater, mris, mre, mres.
rar,
martyr, magister, mater.
mrm,
monstrum, mra, mris.
mro,
monstro, mravit, mrare, mrari.
na,
naturel, ne, nam.
neglia,
negligentia, neglie, negliam.
negm,
negotium, nego, nega.
nr,
noster, nri, nro, nra, nris.
offm,
officium, offii, offa, offis.
ois,
omnis, oem, oi,os, ou oes, oia, oibus.
oro,
oratio, oroem, oroe, oroes.
pbr,
presbyter, pbro, pbri,pbros, pbris.
pns,
prœsens, pnti, pntes, pntibus
posso,
possessio, possois, possoes.
DEUXIÈME PARTIE 49
pr, pater, pris, prem, pre, près,
probo, probatio, proboem, proboes.
rois, rationis, roe, roem, roes.
scia, scientia, scie, sciam, scias,
ses, sanctus, sci, sca, sco, scis.
spes, species, spei, spem, spebus.
spc, spiritus, sps, spus, spm, spu.
testium, testimonium, testio.
Xpc1, Cfiristus, Xps, Xpi, Xpm, Xpo.
La plupart de ces contractions se retrouvent dans
les mots composés et dérivés.
Exemple : dr (dicitur) se remarquera dans con-
tradr (contradicitur) epi (episcopi) dans epatus
(episcopatus) en retranchant i et ajoutant atus; dcos
(dictos) dans supradcos (surpradictos) ; fois (factis)
dans confcis (confectis); a se changeant en e dans
les composés ;pri(patri) dans pria, priarcha(patria,
patriarcha); sci(sancti) dans scionem (sanctionem),
et une foule d'autres semblables.
Toutes ces abréviations par contraction sont ordi-
nairement tranchées ou surmontées d'un trait hori-
zontal, comme nous en donnons quelques exemples
Cette manière d'abréger le mot Christus vient de ce
que les copistes ont reproduit l'abréviation grecque du mot
I2TOS ou YPTSTOP
XPI2T02 ou XPI2TOG.
50 PALEOGRAPHIE
en traitant des signes abréviatifs. Voyez cependant
les mots : abbe, aiarum, aie, apd, archiepo, 6e,
deffcu, di, do, dni, ecclie, etc., etc., de la pi. V,
xme siècle.
III
ABRÉVIATIONS PAR SUSPENSION
Les scribes et les copistes ont encore abrégé
beaucoup de mots en les laissant inachevés;
tels sont les suivants : Rothoriï pour Rothoma-
gensis; testirti pr testimoninm ; derï pr denarios ;
offw' pr officialis; aut3 pr autem; beri pr bene-
dictum, benedictionem ; soV pr solidos; Ebroic'
pr Ebroicensis ; ocV pr octobris ; dioc' pr diocesis ;
Eenf pr Henricus ; inc' pr incipit ; archid' pr ar-
chidiaconus; tesf pr testibus ; veri pr venerabilis ;
diV \Pdilectis ; cuf pr curjœ ; sexag' pr sexaginta;
Tuf pr Turonenses ; And' pr Andegavenses; canon'
pr canonicos ; relig'\}T religiosis; sciât' pr sciatis ;
lïbr* pr libras; conf pr contestata; daf pr datum,
et mille autres de cette nature.
Ces abréviations, quelque resserrées qu'elles
soient, offrent en général moins de difficultés que
les mots abrégés par contraction. Leur terminaison
DEUXIÈME PARTIE 51
se fait toujours connaître par l'accord logique et
grammatical, et quelquefois même par un signe
abréviatif ou par une petite lettre supérieure repré-
sentant la syllabe finale, ainsi que nous l'explique-
rons en parlant de ces deux modes d'abréviation.
Les mots simplement abrégés par suspension *
sont ordinairement accompagnés d'un signe; tantôt
c'est une barre horizontale qui tranche les hastes
supérieures des lettres, ou qui surmonte celles-ci,
à défaut de hastes, avec un point au pied de la
dernière lettre; tantôt c'est un petit trait, figurant
une sorte de virgule ou petit crochet, placé au-
dessus de la dernière lettre.
IV
ABRÉVIATIONS PAR SIGNES ABRÉVIAT1FS
Le mode d'abréger le plus généralement suivi
dans les écritures du xi° au xve siècle inclusive-
ment fut de supprimer dans les mots des syllabes
ou des lettres, et de les remplacer par des signes
abréviatifs de convention.
1 C'est-à-dire qui ne sont pas soumis à l'action de plusieurs
modes abréviateurs à la fois.
52 PALEOGRAPHIE
La connaissance de ces signes, des formes diver-
ses qu'ils affectent, des différentes fonctions qu'ils
remplissent, est indispensable pour expliquer le
grand nombre d'abréviations qu'ils constituent,
puisqu'ils en donnent ordinairement la clef.
Les scribes et les copistes employaient commu-
nément huit sortes de signes abréviatifs, qu'il faut,
pour plus de clarté, distinguer par le son des syl-
labes ou des lettres dont ils tiennent lieu et par
leur fonction la plus usitée, sans avoir égard aux
diverses formes de chacun de ces signes, lesquelles
formes ne sont que des modifications que la suite
des temps et la différence des mains leur ont fait
subir.
Ainsi les différentes figures l du signe
N° \ . représentant M ou N.
No 2 ER, RE, I«.
N° 3 US, OS.
N» 4 UR, TUR.
N° 5 S.
N° 6 GUM, COM, CUN, CON.
N°7 QUE, ET, US, M.
N° 8 RUM.
1 Ne pas cesser d'avoir sous les yeux le tableau raisonné des
signes abréviatifs (pi. YNI) pendant le cours de leur explication.
DEUXIÈME PARTIE 53
Ces signes sont indépendants des mots, c'est-à-
dire qu'ils se placent indifféremment sur tous ceux
qui contiennent des lettres ou des syllabes qu'ils
peuvent remplacer : c'est d'autant plus à remar-
quer qu'il y a certains mots, certaines lettres qui
retiennent constamment le signe que l'usage leur a
assigné.
Parmi ces signes abréviatifs, les cinq premiers
surmontent les mots, les trois autres se mettent au
rang des lettres. Nous allons entrer dans quelques
détails sur la forme, la valeur et l'emploi de chacun
d'eux, ayant soin de faire remarquer les exceptions
aux règles générales que nous aurons indiquées.
§ I. Le trait horizontal ou bouclé est la forme la
plus ordinaire qu'affecte le signe n° 1 ; placé au-
dessus d'un mot, et plus particulièrement sur la
lettre qui précède l'omission, il indique la suppres-
sion de M ou N. Voyez les abréviations de meumy
fidelium, communa, quem, continent, inter, contra,
mense.
!1 arrive souvent que ce signe remplit deux fonc-
tions différentes dans le même mot. Voyez les abré-
viations de annuatim, annum.
Il surmonte aussi les mots abrégés par contrac-
tion et ceux par suspension. Voyez les abréviations
54 PALEOGRAPHIE
de dominica, sancta, domino, episcopi, apostolice,
actum, datum, testimonium, Rothomagensis, offi-
cialis, solidos.
§ II. Le signe n° 2, dont la forme est habituelle-
ment celle d'un 7 ou petit crochet, se met, comme le
précédent, au-dessus de la lettre qui précède l'omis-
sion. Dans les écritures cursives, s'il est employé à
la fin d'une abréviation, il se lie à la dernière lettre
sur laquelle il se rabat par un trait demi-circulaire.
Il tient lieu fréquemment delà syllabe ER. Voyez les
abréviations de poterant, libère, noîuerit, inter \
Quelques écrivains, au lieu d'employer ce signe
avec certaines lettres à haste supérieure, préféraient
trancher ces mêmes lettres par un trait horizontal
pour exprimer également la syllable ER. Voyez les
abréviations de heredes, implere *.
Souvent on le trouve employé en sens inverse;
c'est pour cette raison que, sans rien perdre de sa
forme, il signifie RE ou RÉ, suivant le besoin du
mot. Voyez les abréviations de creata, mereatur,
cantare, très *. Il peut représenter dans un même
mot ER et RE. Voyez les abréviations de prêter,
liberaret *.
Quand le signe n° 2 est fixé à un b ou à une /,
il montre, dans certains cas, que ces lettres sont
DEUXIEME PARTIE 55
mises pour ub, el. Voyez les abréviations de sub
multis, singulis, vel, libellis *. Il sert aussi à mar-
quer les abréviations par contraction et celles par
suspension , quoique nous n'ayons pas donné
d'exemple de ces dernières. Voyez pour les autres
les abréviations de apostoli, littera, factis.
Les copistes ont encore fait usage de ce signe
pour remplacer la syllabe IR. Voyez les abrévia-
tions de confirmo, virgo, virum, abire, virtus \
§ III. Le signe n° 3, assez semblable à un 9,
employé pour la syllabe US, se pose, comme les
précédents, au-dessus de l'omission , au milieu
comme à la fin d'un mot. Voyez les abréviations de
minus, amicus, ejus, justum, volumus, augustus *.
On trouve encore ce signe mis pour OS. Voyez
les abréviations de post, vos,possit, nostris \
Dans un même mot il représente à la fois US et
OS. Voyez les abréviat. de posterius, possidemas *.
Quelques copistes des xive et xve siècles ont
abaissé ce signe au rang des lettres, contre l'usage
général. Voyez les abréviations de dedimus, custo-
dit, intw, quibus, fuerimus, decanûtus *.
Les impressions gothiques nous le montrent sous
la forme d'un C retourné, également rangé avec les
5G PALEOGRAPHIE
lettres, et presque toujours à la suite d'un 6.
Voyez les abréviations de pluribusy omnibus \
§ IV. Le signe n° 4 a subi beaucoup de modifi-
cations dans sa forme. Il prend tantôt la figure
d'un 2, tantôt d'un 3 tracé vivement, tantôt d'un 8
ou plutôt d'un petit s renversé et couché horizon-
talement; son emploi est d'être substitué à la
syllabe UR, soit au milieu, soit à la fin des mots.
Voyez les abréviations de cur, igitur, jure, plu-
rima, dicitur, visuris, futuri, exhortamur, sumitur,
scripturam, fertur *, comburitur, curabatur, puri-
flcatur.
On le trouve quelquefois employé pour TUR.
Voyez les abréviations de interpretaturf scribitur,
accusatur.
§ V. Le signe n° 5 n'est absolument qu'un petit s
supérieur, dont la fonction est d'indiquer l'omission
de la seule lettre qu'il représente. Il se met au-
dessus de l'espace que Ys devrait occuper. Voyez
les abréviations de plures, fidèles, déposât, vis,
pisce, nos, Pascha \
Son emploi est aussi d'indiquer la désinence dans
les abréviations par contraction ou par suspension.
Voyez les abréviations de omnipotens, omnes, bea-
tus, alias, abbas \
Alphabets
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^(umatij' t*r -mottte ts^tpoui iiîogvc totu tmcvuxû ut ttuiJvuTJ'^ «Mî-ciif Ugucif
* ^P^if 9vu^ 9<wfciXm ^> tuauuu callrum hrJ&2mco2c atror amrviû batrttui-
j^Houutr-Vuiajl ^fat^^rP-r fu^ ^§~<%^ Cm^" (VrX > ^ro ^aiuiaVxoî.
(Via pJit A^xifu tïï^fl^dt*«riânitni^ru>^^iwtr^ûî^'ïe^\r}-^ œnœ(tiw9êK.
^? f^eSFo^Ai-^^grthccû rç- Oiwuig^ wOav <\o {èruicxttiuj )\\ puraig ^amaw
€lc-.no{tnam ttecaç fbliOJiu-r^^-'bvxfi^ «f^oivs «liuutj' jv2feflr^|W*c»(' uvmva^ln)
feomo a^>iu* àixî«Uvt«J ___TûS^^ ^UÏP^c ôtmà it*iZV fmHjn pftnxip t lîaLUka^-
"^feiiTC Cai-Otiy fijriUi^ i^Lâ rvwidr-iMiJ • &- At> n-ulioîxnvj antfiv-iivdrônciç ^ec^-
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K?° quint.
; - 1
DEUXIÈME PARTIE 57
§ VI. Le signe n° 6, dont la forme la plus habi-
tuelle est celle d'un c retourné ou d'un 9, se met au
rang des lettres; sa place, suivant l'occasion, est
autant au milieu qu'au commencement ou à la fin
d'un mot. Il tient lieu des syllabes CUM, COM, CUN,
CON. Voyez les abréviations de quibuscum, quo-
cumque, locum, circumscripti*, commune, incommo-
dum, comprehendit*, cunctis, noscuntur*, dicuntur*,
contra, concessit, inconcussa, conlinet, incontinen-
ter *.
Quoique ia forme de ce signe approche de celle
du n° 3, on ne les confondra jamais ensemble si
on remarque bien que l'un s'emploie au-dessus des
mots, et que l'autre se met régulièrement au rang
des lettres.
§ VII. Le signe n° 7 : sa première figure fut celle
d'un point; la deuxième, de deux points; la troi-
sième, enfin, du point et virgule, qui, se joignant
dans la suite, formèrent une sorte de 3. Telles sont
les formes sous lesquelles on peut le rencontrer,
suivant les siècles où chacune d'elles a été employée.
Il est souvent joint à la lettre q ayec laquelle il
représente QUE. Voyez les abréviat. de que, clique,
usque*. Il s'emploie aussi seul pour signifier le mot
QUE. Voyez les abréviat. de atque, neque, quoquc *.
Comme le QUE des Latins équivaut à ET, les
58 PALÉOGRAPHIE
scribes n'ont pas négligé de se servir du même
signe dans la terminaison des mots en et. Voyez les
abréviat. de habet, placet, set pour sed, prœbel*.
Attaché à un b, il remplace la terminaison us de
beaucoup de mots latins. Voyez les abréviations de
quibus, quibusdam, omnibus, precibus.
Aux xvc et xvie siècles, il se montre usité pour m.
Dans ce cas, il est toujours mis à la fin des mots.
Voyez les abréviations de redditum, tam, bo?ium,
item, eadem *. Il a été aussi employé par quelques
copistes pour EST. Voyez les abréviations de pro-
dest, preest, interest \
Il est un petit signe que, par ressemblance, il ne
faut pas confondre avec celui qui tient lieu de la
finale et ; il sert à marquer la terminaison is et se
lie à plusieurs lettres, et notamment aux c, g, r, t,
avec lesquels il produit les désinences cis, gis, ris,
tis *.
§ VIII. Le signe n° 8 n'est au fond qu'un r, quel-
quefois capital, quelquefois minuscule romain, et
plus souvent un r gothique en forme de 2, tranché
ordinairement par une sorte de 7. Il s'emploie aussi
bien dans l'intérieur qu'à la fin des mots, dont il
représente la syllabe RUM. Voyez les abréviations de
filiorum, servorum, suorum, animarum, bonorum,
eorumdem, corrumpitur *.
DEUXIEME PARTIE 59
Outre cette explication des signes abréviatifs, nous
ferons observer :
I ° Que deux de ces signes peuvent s'employer
isolément : le signe 6 pour figurer l'adverbe et la
préposition cum, et le signe 7, sous la forme d'un
petit crochet, pour la conjonction et]
2° Que plusieurs signes abréviatifs, quels qu'ils
soient, peuvent à la fois entrer dan$ la construction
d'une abréviation;
3° Qu'ils sont tous susceptibles d'être usités
avec une initiale, ou à la fin d'une abréviation par
suspension, pour marquer la terminaison;
4° Enfin, que quelques-uns de ces signes ont été
détournés quelquefois de leur application ordinaire
pour être employés, avec d'autres signes particu-
liers, à donner à certaines lettres une signification
spéciale. Voyez les lettres abréviatives, § VI et
pi. Vill-
on trouvera dans les planches d'écritures de
chaque siècle la signification de quelques autres
signes abréviatifs qui s'emploient ordinairement
seuls, et que nous n'avons pas cru devoir com-
prendre dans ce paragraphe.
60 PALEOGRAPHIE
ABRÉVIATIONS PAR LETTRES SUPERIEURES
Indépendamment des signes abréviatifs, les co-
pistes ont employé de petites lettres supérieures
dans les abréviations pour marquer l'absence de
telle ou telle syllabe, comme aussi pour indiquer
la terminaison. Nous allons Taire connaître les règles
ordinairement suivies dans ce mode d'abréger.
Les voyelles a, e, i> o, u, employées comme
petites supérieures, se traduisent par m, re, ri, ro,
ru; elles accompagnent spécialement les consonnes
6, c, d, f, g9 h, p, £, v, et rarement les voyelles.
Voyez les abréviations de :
Acras, gravem, infra, tradidit, pratis, où a qui
les surmonte équivaut à ra;
Très, creavit, intégré, impressione, où e supé-
rieur équivaut à re;
Sacrista, ^riore, triginta, fibres, tria, où i supé-
rieur équivaut à ri;
Sacro, introducti, libro, Petro, agros, où o supé-
rieur équivaut à ro ;
DEUXIÈME PARTIE 61
Crucis, congrua, brutis, prudentes, fructus, où u
supérieur équivaut à ru.
Ces mêmes voyelles ont été usitées en sens in-
verse, c'est-à-dire pour ar, er, irs or, ur ; elles se
placent indifféremment sur toute consonne. Voyez
les abréviat. de carnifice, incarnati, martio, carta,
où a supérieur est mis pour ar; ainsi des autres.
On trouvera des abréviations où la même voyelle
remplit deux fonctions différentes, comme dans
i i
ccumscpti, ciroumscripti.
Les copistes se servaient aussi de petites con-
sonnes supérieures; ils mettaient :
i° c pour ec, accompagnant toute consonne,
comme dans les abréviations de donec, peccare,
hec, rectoris, adjecta (pi. VII, case 2);
2° m pour um à la fin des mots, comme dans les
abréviations de interdum, monumenium , nostrum.
3° r pour er et pour ur à la fin des mots. Voyez
les abréviations de mater, féliciter, frater, super;
— dicitur, creatur, refertur, traditur;
4° t pour it, accompagnant toute consonne l.
Voyez les abréviations de procedit, intromittit,
fuit, fecit.
1 On trouve le signe abréviatif n» 6 combiné avec les petites
supérieures terminatives. Ex. 9i pr communi, 9a pr contra.
62 PALEOGRAPHIE
Il est encore de petites lettres supérieures termi-
natives, c'est-à-dire dont la fonction est de faire
connaître la terminaison. Elles accompagnent les
abréviations par suspension et les lettres isolées ou
sigles. C'est pour faciliter l'intelligence de ces der-
niers surtout que nous avons donné un tableau des
sigles (pi. VTII, case 3) accompagnés d'une petite
supérieure teraiinative, avec leur signification; on
remarquera que la plupart de ces abréviations se
retrouvent dans d'autres abréviations de mots com-
posés, comme l'abréviation de contra dans le mot
composé de contradicere, celle de suprà dans supra-
dictiun, etc.
On devra éviter, dans toute interprétation de
petites lettres supérieures, de les confondre avec
les lettres supérieures non abreviatives, qui sont
plutôt des marques de corrections que des signes
d'abréviations.
VI
ABRÉVIATIONS PAR LETTRES ABRÊVIATIVES
L'usage des lettres abréviatives est de remplacer
certaines syllabes ; elles sont alors accompagnées
DEUXIÈME PARTIE 63
d'un signe qui les fait reconnaître. Bien souvent ce
signe n'est lui-même qu'un de ceux que nous avons
compris dans l'explication des signes abréviatifs ;
mais, comme il arrive que les lettres qui en sont
accompagnées ont parfois une signification toute
autre que celle qu'on serait porté à leur appliquer
d'après les règles ordinaires, nous avons donc pensé
devoir faire figurer sur un tableau (pi. VIII), indi-
stinctement, toutes les lettres qu'on rencontre sur-
montées ou tranchées d'un signe quel qu'il soit;
par ce moyen on saisira de suite les différentes
attributions que les copistes ont données à telle ou
telle lettre. Par exemple, qu'on trouve un a sur-
monté d'un trait horizontal (pi. VIII, case 4) dans
les mots abrégés mea, multa, atea. tatum, etc., on
lira facilement meam, multam, antea, tantum,
quand on saura que l'a barré au-dessus représente
am ou an. Il faut faire attention que nous ne par-
lons ici que des lettres abréviatives dans les mots,
et non employées isolément, car dans ce dernier
cas a, ainsi que nous Favons indiqué, pourrait
signifier un mot entier comme aut, autem, antè, ou
tout autre dont il serait le sigle ou lettre initiale.
On pourra donc faire à l'égard des autres lettres
rangées par ordre alphabétique ce que nous venons
d'indiquer pour la lettre a, et l'on comprendra toute
l'utilité de ce tableau.
64 PALEOGRAPHIE
Tels sont, sinon les seuls, du moins les princi-
paux modes d'abréger des anciens copistes, surtout,
comme on le remarquera, du xr3 au xve siècle. On
observera, de plus, que beaucoup de mots se trou-
vent abrégés par plusieurs de ces modes à la fois.
D'ailleurs, l'usage aidera à comprendre les diverses
combinaisons des modes abréviatifs entre eux; et
si, dans cette deuxième partie, nous avons fait quel-
ques omissions, les tables d'abréviations qui accom-
pagnent les écritures de chaque siècle, non-seule-
ment pourront y suppléer, mais encore elles servi-
ront aux commençants jusqu'à ce qu'ils possèdent à
fond les règles brachygraphiques observées par les
anciens copistes. Et d'ailleurs, si pour des travaux
importants de déchiffrement on se trouvait arrêté
par de nombreuses abréviations, on pourrait recou-
rir à notre Dictionnaire des Abréviations latines et
françaises, que nous avons publié pour servir de
complément à cette Paléographie des Chartes et des
Manuscrits.
■<?
#
TROISIEME PARTIE
DE LA LECTURE ET DE LA TRANSCRIPTION
DES ANCIENNES ÉCRITURES
ET RÈGLES DE CRITIQUE APPLIQUEES AUX CHARTES ET MANUSCRITS
Pour ceux qui ne s'adonnent que par goût
à ce genre de travail (au déchiffrement), ils ne
doivent pas se rebuter s'ils ne lisent pas du
premier abord les anciennes écritures.
Le Moine , Diplom. prat.
Il faut que dans la copie même on retrouve
ce vernis précieux de l'antiquité (l'ancienne
orthographe.)
Batthney, VArchiv. franc.
LECTURE
uoi de plus rebutant, au premier abord,
que la lecture des écritures anciennes et
surtout des écritures cursives des xv%
xvic et xvii° siècles? Mais à peine a-t-on acquis
66 PALEOGRAPHIE
quelques notions préliminaires que l'on voit se dis-
siper peu à peu les obstacles qui, au seul aspect,
avaient effrayé. Donc, si l'on a étudié avec soin
les deux premières parties de cette méthode, nul
doute que les spécimens d'écriture de chaque siècle
contenus dans les planches ne soient maintenant
d'un facile accès.
Reproduits d'après les originaux les mieux carac-
térisés, ces spécimens offriront des exercices1 de
lecture et habitueront l'œil à analyser les différentes
formes des éléments, leur construction, leur liai-
son ou conjonction dans la marche lente ou rapide
de l'écriture, comme à saisir de suite le génie, la
physionomie propre à l'écriture de chaque siècle.
Les modèles noS 4, 2, 3... montrent les nuances
que la différence des mains et des époques a don-
nées à l'écriture, tout en conservant au fond le
caractère distinctif du siècle auquel elle appartient.
Si l'on paraît s'étonner de ce que nous faisons
commencer par l'écriture du xvnc siècle et finir au
xie, nous répondrons par ce qui a déjà été dit dans
la 4 Te édition de ce livre (Essai sur la Paléographie
1 Nous le répétons, on trouvera dans les planches plus d'exer-
cices sur l'écriture des chartes que sur celle des manuscrits,
par la raison que la première, apprenant à résoudre plus de
difficultés, préparera plus que suffisamment à la lecture de la
seconde.
TROISIÈME PARTIE 67
française) : ce Quoique d'un abord facile par sa con-
formité avec notre ronde, les formes que cette écri-
ture a retenues, en grande partie, de celles qui
l'ont précédée, obligent à commencer par elle, si
Ton veut être amené sans brusquerie et graduel-
lement à la lecture de l'écriture du xvic siècle, et
du xviG au xve, ainsi de suite jusqu'au xic : cette
marche rétrograde, qui pourra d'abord surprendre,
est la plus rationnelle; elle fait passer du connu à
l'inconnu. L'enchaînement qui existe dans les écri-
tures de siècle en siècle a cela d'avantageux, en ce
que l'étude de l'un facilite l'accès de l'autre. Cela
doit bien se concevoir; car, comme ditdom de Vai-
nes l : « Les figures ou formes d'éléments n'ont pas
fini tout à coup avec un siècle, elles se sont perdues
insensiblement au commencement ou au milieu du
siècle suivant; »
Et que, « si nous nous sommes arrêté au xie siè-
cle, c'est d'abord que, une fois arrivé là, on doit
être assez habile dans la lecture pour pouvoir
pénétrer plus avant, et qu'ensuite, passé cette
limite, les titres deviennent plus rares. »
On devra donc se mettre à la lecture des écritures
de chaque siècle, sans intervertir l'ordre qui leur
a été assigné dans les planches; car, autrement,
1 Dict. de diplom., art. Écrit.
PALEOGRAPHIE
ce serait s'écarter de la marche méthodique et pro-
gressive d'où dépendent les succès de cette étude.
Quand on sera suffisamment familiarisé avec nos
spécimens, on pourra s'exercer sur les originaux
eux-mêmes. C'est par eux qu'on achèvera de se
perfectionner dans le déchiffrement.
Une fois arrivé à ce point, pour faciliter la lec-
ture de ces originaux, après avoir déterminé à quel
siècle ils appartiennent, soit par la date qui s'y
trouve exprimée, soit par comparaison avec nos
planches, on se mettra en regard du spécimen qui
correspond, pour le siècle, aux originaux à déchif-
frer i. Survient-il dans la lecture une difficulté
matérielle? Aussitôt la planche en donne la solution.
Est-ce une difficulté de style, d'orthographe ou
d'abréviation? Recourez au texte à l'aide de la table
des matières, et vous saurez comment l'expliquer.
Par ce moyen, il est peu de titres, quels qu'ils
soient, qu'on ne puisse déchiffrer.
1 S'il arrivait que l'écriture d'un titre fût totalement ou en
partie effacée, on pourrait la faire revivre en passant sur les
endroits faibles ou altérés un pinceau trempé dans une dissolu-
tion hydro-alcoolique de noix de galle, qu'on obtient en faisant
macérer, pendant trois à quatre jours, dans 125 gram. d'esprit
de vin à 2°2 degrés, six noix-galles grossièrement pulvérisées.
TROISIEME PARTIE 69
II
TRANSCRIPTION
Dans la transcription des anciens titres, il faut
bien se garder d'altérer en rien le style et l'ortho-
graphe qui les caractérisent. C'est un vernis d'an-
tiquité qu'il faut d'autant plus respecter qu'il
constate, en l'absence des originaux, l'époque à
laquelle appartiennent ces titres, et par conséquent
donne un caractère d'authenticité aux copies.
Lorsqu'il s'agit de rétablir dans son entier un
mot abrégé, appartenant surtout à notre vieille lan-
gue, on doit l'orthographier conformément aux
mêmes mots qui se trouvent exprimés en toutes let-
tres dans le titre ; par exemple, je trouve : lad. , sach. ,
relig., tesm., tourn., etc. ; j'écrirai suivant les indi-
cations que me fourniront les mêmes mots entiers
ou, à leur défaut, l'orthographe du temps ladicte
ou ladite, sachez ou sachies, religious ou religieux,
tesmoings ou témoins, tournoiz ou tournois, etc.
Quant à la ponctuation et à l'accentuation, on ne
s'y conformera qu'autant qu'on le jugera nécessaire;
mais ce qu'on ne devrait pas se permettre de chan-
ger, ce sont les u en v, les i en j, et vice versa.
Dans la transcription des textes latins, Ye souscrit
70 PALEOGRAPHIE
d'une sorte de cédille se rend par œ> et les e simples
s'écrivent tels qu'ils sont.
Pour les difficultés matérielles ou accessoires de
l'écriture qui surviendraient dans la transcription,
faire comme pour la lecture, c'est-à-dire recourir
au texte et aux planches.
111
COPIE DES PLANCHES
ÉCIIITURE DU XV IlG SIÈCLE
Tracée avec hardiesse et netteté, quoique chargée
de traits capricieux, cette écriture se laisse lire
assez facilement par sa ressemblance avec notre
ronde qui en dérive; quelques formes gothiques
et de fréquentes liaisons de lettres causent seules
des difficultés.
L'An de Grâce mil six centz vingt huict, le Jeudy vingt
huictiesme jour de septembre, a Gisors, deuant nous
Jullian Le Bret, sieur du Mesnil Guillebert, Conseiller
du RoVj Viconte de Gisors et Grand Voyer en ladicte
Viconté pour le Roy nostre Sire et pour monseigneur le
Duc de Nemours et de Chartres, Comte dudit Gisors. Sur
la Requeste faicte par Reuerend père domp René
TROISIÈME PARTIE 71
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou or-
ront, le Garde du seel aux obligations de la Viconté
d'Harcourt, salut : scauoir faisons, que par deuant
Pierre Pinchon, Tabellion audict Harcourt, siège dudict
lieu, et Me Jean Fouquet, prins pour adjoint, fut pré-
sente Catherine Bellet, veuve de feu Eustache Guesnier,
demeurante en la paroisse de Bray, laquelle a volon-
tairement vendu .....
A nostre treschere fille en nostre Seigneur, sœur Renée
de Haqueville, Religieuse professe de l'ordre de l'Annon-
ciade [de] la Vierge sacrée Marie, au Monastère de saint
Eutroppe, soubzChanteloup, nous vous avons commandé
et commandons par ces présentes, en la Vertu de Sainte
Obiédiance de vous transporter promptement au monas-
tère de Gisors et vous instituons et déclarons par ces
présentes, mère et supérieure des Religieuses dudit mo-
nastère. Allez donc, au nom de Dieu. Et ces présentes
seruiront de tesmoignage de vostre religieuse, honneste
et irréprobable conuersation, à tous ceux
ÉCRITURE PONTIFICALE (PL. ix)
Dans le xvne siècle, et même dans le xviue, l'écri-
ture de la chancellerie romaine affecte les formes
lourdes et écrasées des écritures desxve et xvie siè-
cles. Ce n'est qu'en étudiant avec soin les caractères
72 PALEOGRAPHIE
et les liaisons de cette écriture, aux formes parfois
étranges, qu'on parvient à la lire.
1
Benedictus, episcopus, servus servorum Dei, dilecto
filio de Castagny, presbytero, perpetuo capellano in se-
culari et insigni collegiata ecclesia ad Sanctum Petrum
Juniorem, nuncupatum Argentinensem, in theologia
magistro, salutem et apostolicam benedictionem
Datum in Arce Gaudulphi Albanensis diocesis^ anno In-
carnationis Dominice millesimo septingentesimo quarto.
Dictus Franciscus Alexius prestabit nobis de
verbo ad verbum per ejus patentes litteras suo sigillo
mtmitas, professionemque sic emissam ad dictam sedem
sinemendis cum sui ac archiepiscopi Kothomagensis seu
officialis predicti subscriptione quanto
(Datum Rome, apud Sanctum Petrum, anno
Incarnationis Dominice M. BCC. IV.)
ÉCRITURE DU XVIe SIÈCLE
Caractère assez lisible, étant écrit posément.
Dans la cursive, les liaisons et divers traits de
plume en altèrent la forme et rendent l'écriture
confuse, surtout si l'on y comprend les abrévia-
tions, le défaut d'accents et de ponctuation.
Alphabets .
Me
<xvui<
^JU^D.
sua cçpmi r
CT.tJS.X.^.2.
«.■M ♦ o-vo . ipaj'O a> . et a ci . vva- v^v« .• flf
pe.&ô-*'. t+t-t ,»u.çÇ
P:
*aw
ccô . £>.a> . ex Sb.^ o-. cÇ.
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^a. Aa. nul. po.
|X..fc. . f«. .ft.jt.fci.*: k- ti ^ . wy.ey.
Ja fa fe > }i fc» & fa h po. un. X
^-WW 1CU) i<s-c.a)>j0fit,)».-in iMp-Xvi
t\#wi A.0 ireJ/Vfl'lHSJ/tf'B'lioo) i0>UioO Cq'lieA).
JÎTX- 1»H IV* ^ iM* . \3*)C} i3#. <Y>. <pp<pV7<J^.
•? CCoGj^OlO o^ 0?. Ç*HC MM*7" CV> vl M^ 7O7OI.ÇV
ma Jn «• <.» fcul Je» A /"irt 3cù v> el 7 .
Ecriture dixXïV.® Siècle .Exercices.
mtwaramvn*-
. J\j*ertxUrtmxJ Cwor^^kiw^
vC e
JJLïcwj code qui ceSytcCa. ....
W^C*nuwuryu ^wiUc^rc ûwr*W«r*tt*\; ff fu|Pmr -ContpUmifi 'vWtté attcîC tau*
tunurvô e*»Gu« auk^ô ct'foWkw*re0/etr7Îm<r-wv«iFàc; beyô MxxMbï'ùxa.y^cfos^ct ter
ycvuYfcttf Tituî jmpgicbcwcttt' mowtiweiitr'x og ttmuwv- ftfwmcu Ttiéictt* .• >reAvu«tma t«hvô
&t powr « terni* <-hw&*v l.-i.|'ï*»vKCmct**- cvvTvncv.-U6 6tw8c\v«? cVKVj'fciM* 1
-■powr w tuur wuc^m-tvtt- Vc vvv* oovyô (XWvtv ov) <y>ftw) fti-vuct <ytouô iv-vw* Wc\v<> vwCu
(&ô Ç\ -mvwwwCC** -vu* a ftuorn* _O.Çv*vv$"vc r*t a &ffotvv9v\r v m<vwi "&: ^vfb-oc (* —
cvU.^5 Gcwo\ot.r SoAAA.c6 CM.0CHUW csit foxt- <Ô* ^ivwvut^vttc ftvvw: ftvrjîtâ tvuv,vi^itw*
<v#tcKwi.%«x«9cg> /Klvvtr^^3<vvv«vr j?vv/&wd(âvun*ô i»v?v»- CoCa\ Q. I^lvv $w«a
<*vw. «^UXcrvui- Qtvwcccvtciviô c»è <îi^*-
et- waWvtwm -vxtvv tt-mwu (vy&Jvwnv? civiô ft -vwnvcywr inrvw-jVvrvwv/ ©kxt -~
OfVTVtsr^Ht tv^vfha^ fbv^AM*^ fto 6: mM^J Çu'vf ^Ç-.i ^ow>~$C<ffctrtc*w£vvL S
Abréviations.
iwyjL. a Vieil*
oUi^M entei-Lgite
i7WW.po«CM.H*
Ju^v\& aistns
CyA epif^u/
octf «a»*»:
*OjvO£ aioutaut
CvtAA^xqT ewaiiqd
Jttc otc. ottruL
n»UaM« appduw
CTKHvnVl, eiajimut.
&vûty.jacl,rjit
AJXJJYyAAy.a/K/icb-.^
y* /—
f* /«■*-
i\bô. après
f-f /—
pi /<r/«r/e
OmX. aulau.
TxC. fcuci£~.
pHAarf/rr****.
rtxvtx axtttv.
OPX. qrate.
YfVVKir Jcrmenft.
t»ptf haptifU
McÇiJuwrt- hfbej-qe
-% ^u^u.^,,
Titfzurf héritage-
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«HCt& boulons
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TROISIÈME PARTIE 73
Sur la requeste présentée aux Juges ordonnez par le
Roy sur le fait des refformacions des forestz de Normen-
dye par le procureur gênerai du Roy . Contenant que par
le moyen de la refformacion encommencee de plusieurs
forestz de ce pays de Normendye quel boys et
arbres sont comprins et entenduz par ces mots de boys
mort et mort boys dont mencion est faicte en plusieurs
titres, lettres et Chartres. Par le boys mort ce est entendu
du boys sec , abattu ou en estant , et par le mort boys ,
le boys tel qu'il est declaire en la chartre de Normendye
et non aultre Le cinqulesme jour de may mil cinq
cens trente.
En la dicte année, le Roy de Nauarre qui estoit filz
de madame Jehanne tille du Roy, Loys dict Hutin, le-
quel au Royaulme de France auoit faict plusieurs raaulx,
alla de vie a trespassement, a la mort duquel auoit ung
euesque de Nauarre , comme Ion dict, lequel feit vne
manière despitre a sa sœur de la mort du Roy en louant
fort sa vie et sa fin.
Ou dict temps y auoit vng gentil cheualier, nomme
messire Jehan de Carrouges, lequel auoit espouse vne
très belle et vaillante dame, lequel par aulcun temps
auoit este absent; et quand il feut venu, en très dou-
loureuse tristesse et desplaisance dist à son mary quelle
auoit este congnue charnellement,
74 PALEOGRAPHIE
3
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou or-
ront sçauoir faisons que pardeuant furent
presens en leurs personnes Messire Yuerte Gueroult
presbtre et Toussainctz Gueroult, son frère , marchant
demourant audict Iury. Lesquelz de leur bon gre, recon-
gnurent et confessèrent auoir vendu, cedde, quicte, trans-
porte et délaisse afin d'heritaige, tant pour eulx que
pour leurs Loirs, du tout des maintenant a tousiours, a
honneste homme, Maistre Lancelot Legendre Licencie
es loix , viconte dudict lieu dlury> présent acquisiteur,
tant pour luy que ses hoirs ou ayant cause
ÉCRITURE DU XVe SIÈCLE
Écriture généralement lourde, écrasée, difficile
à déchiffrer, surtout étant tracée currente calamo;
beaucoup de signes abréviatifs, dont quelques-
uns sont peu distincts dans leur forme : e remplace
œ, œ; le c et le t sont souvent mis l'un pour
l'autre ; les barres inclinées marquent les différentes
pauses du discours; liaisons et conjonctions de
lettres fréquentes.
1
A tous ceulx qui ces lettres verront : Nichole de
Freuille, garde du seel des obligations des Vicontes du
TROISIÈME PARTIE 75
Pont-Autou et du Pont Audemer, salut : savoir faisons
queparloben de Bezu, tabellion iure en ladictc Viconte
du Pont Autou, en siège du Bourgtheroude, nous a este
tesmoigne auoir veu, tenu et leu mot a mot vnes lettres
saines et entières, en seel et en eseripture, a luy présen-
tées de la partie de Messire Iohen duBoscBenard prestre.
desquelles la teneur ensuit .... En tesmoing de ce
Nous a la Relacion dudit Tabellion auons mis a ce pré-
sent transcript le seel desdictes obligacions. Ce fust fait
lan de grâce mil quatre cents trente sept le xxije jour
de feurier.
A tous ceulx qui ces présentes lectres verront, Micbel
Daniel, Viconte dEscouys, salut : sauoir faisons que par
devant Guillaume Leblanc, clerc tabellion jure de ladictc
Viconte. En la compagnie de messire Jehan U Roux,
presbtre, son adioint, vint et fut présent en sa personne
Guillaume Jouen de la parroisse de Menesqueville, lequel
de son bon gre et bonne voulente , sans aucune force
eu contraincte, congnut et confessa, avoir prins a rente,
a heritaige a tousiours tant pour luy que pour ses hoirs,
de Religieux et honnestes personnes, les religieux, abbe
et conuent de l'église Notre Dame de Mortemer en Lyons,
bailleurs pour eulx et leurs. . . .
Comme nos tresredoubtes dame et seigneur, madame
Marie de Harcourt, contesse de Vaudemont , et Jehan
PALEOGRAPUIE
monseigneur de Lorraine, son tilz, conte de Harecourt,
desirans laugmentacion de notredicte église fondée de
leurs nobles progeniteurs , et le diuin seruice y estre a
tousiours continue a l'intention de iceulx, aient eu inten-
tion dacquerir le Royaume celestiel, et pour la saluacion
des âmes de leurs ancesseurs et deulx , et en continua-
tion du bon vouloir de leurs dicts progeniteurs, donne a
la dicte Eglise et a nous doyen et chanoines et nos suc-
cesseurs a tousiours, leglise parroicial de Saint Pierre
du Boscroger, avec le patronnage et tel droit quilz
auoient
ÉCRITURE DU XIVe SIÈCLE
Caractères précis et distincts, quoique souvent
très serrés; grand nombre d'abréviations; confusion
du c avee le t minuscule; e mis au lieu d'œ, œ;
accents sur les t; les petites barres obliques pour
virgules.
1
A tous ceuls qui ces présentes ieittres verront et orront
Robert dartoys, conte de Beaumont, sire de Danfront
et de Meun sur Yeure, salut Comme Religieux
hommes, labbe et le conuent du Moustier de Notre
Dame de Lire se fussent complains a nous que de leur
propre fondation, il eussent la disme en toutes les essues
de la forest de Breteuil, emolumens, expiais,, amendes
TROISIEME PARTIE Tl
et forfaitures, et une pièce de bois appelée la Chaeste et
le pasnage duplain, soient de antiquité des deppendences
de laditte forest, et nos gens y eussent mis empesche-
ment induement et de nouuel, si comme il disoient
Requerans nous que desdites choses ostissions ledit em-
peschement et dicelles les laissisons jouir paisiblement.
Donne a Conches, sous notre seel, en lan et jour dessus
diz.
...... Et pour ce tenir, garder et fermement enté-
riner, les vendeus, chascun pour le tout, obligèrent leur
corps a tenir en prison fermée et tous leurs biens, meu-
bles et immeubles, presens et auenir, a vendre et a des-
pendre par main de justice, se eulx venoient james
encontre cest fait, et jura laditte famé sur saintes euau-
giles avec lauttorite et lassentement de son dit mari qui
présent estoit que james en laditte vente riens ne deman-
dera ne réclamera, ne fera demander ne reclamer par soi
ne par autre, par raison de douaire, de mariage, encom-
bre, de don de neuches, de conquets, descange, ne par
nulle autre raison quelle que elle soit ou puist estre. En
tesmoing de ce nous auons fait meittre a ces lettres le
seel des dittes obligations, sauf autrui droit. Ce fut fait
lan de Grâce mi) ccc.xxxviij, le lundi jour de la caere
Saint Pierre.
A tous ceulx qui ces lettres verront , Jehan Lotin ,
prestre Garde du scel de la Chastellerie d'Andely, salut;
PALEOGRAPHIE
sauoir faisons que uous avoir veu et leu une lettre du
pappe Innocent, scelleez en seau de plomb et en lais de
soie, sainez et entaires de scel et escripture, contenant la
fourme qui ensieut : Innocentius episcopus seruus seruo-
rum dei dilectis filiis Cantori et Canonicis ecclesie sancti
Antony de Gaillon^ Ebrocensis diocesis, salutem et apo-
stolicam benedictionem. Cum a nobis petitur quod. . . .
Si quis autem hoc attemptare presumpserit indignatio-
nem omnipotentis dei et beatorum Pétri et Pauli, apos-
tolorum eius, se nouerit incursurum. Datum Lateranni,
VII Idibus Januarii, pontificatus nostri, anno octauo
decimo. Donne lan de grâce mil trois cens soixante et
sept, le mardj vint et un jour de septembre.
ÉCRITURE DU XIIIe SIÈCLE
Beau caractère gothique qui perd de sa régula-
rité dans la cursive; surchargé d'un très grand
nombre de signes abréviatifs. Le c et le t minus-
cules se confondent souvent; Ye simple employé
pour œ, œ; quelques barres inclinées ou des points
pour distinguer les membres de phrase ; accents
sur les î; conjonctions de lettres.
1
A tous ceus qui ces lettres verront, Robert de Ys^ che-
ualier et seignor des Ys, salus. Comme contens fust
TROISIÈME PARTIE W
entendu a raouuoir entre moi et le cheualier dune part,
et hommes religieus labbe et le conuent de Seinte Kate-
rine joste Rouen dautre..... Sachies que je reperiee
a pensée de preudomme pour Dieu et pour le salut de
marne et de touz mes bons enchesours, et pour esparnier
a ma peine et a mon traual ai quitie les dis religieus et
ai delessie mon errour desus dite^ et pour chen les dis
religieus mont aquilli en lor bienfes et en lor oroisons
moi et mes anchesors. En tesmoing de cheste chose je
lor en donne ches letres de mon seel, seelees lan de
grâce mil et ij chens nonante et quatre, en mois de
septembre.
2
Sciant omnes présentes et futuri quod ego Nicholaus
deBoeles, sincère caritatis intuitu, pro salute anime me
et antecessorum meorum, annuente hoc Meineut, uxore
mea , dedi et concessi et presenti carta confirmavi in
puram et perpetuam elemosinam, Ecclesie sancte Trini-
tatis de Monte Rothomagensi, intègre totum tenementum
in masuris et edificiis ligneis et lapideis quod habebam
apud novum castrum de Drincort, ante cimiterium béate
Marie Virginis. Actum anno gratie Millesimo Ducen-
tesimo vigesimo nono , mense Junii , in plenaria assisia
apud nouum
3
Nouerint, Vniuersi présentes pariter et futuri, quod
ego Guillelmus Strabo et Ego Aalicia Vxor sua, pari as-
fensu no?tro pro salute animarum nostrarum et antecss-
80 PALEOGRAPHIE
sorum nostrornm, dedimus et concessiraus Deo et Ecclesie
Béate Marie de Salicosa et Canonicis ibidem deo seruien-
tibus in puram, et perpetuam elemosinam, decem solidos
Turonenses et duos Capones annui redditus, assignatos
in quadam Domo apud Andeîeium Ut autem hec
omnia rata sint in posterum et stabilia, presentem cartam
sigillis nostris roborauimus. Et ad maiorem confirma-
cionem Petrus, Decanus de Pormor, ad peticionem
nostram , presenti carte suum sigillum apposuit. Actum
anno domini millesimo ducentesimo quadragesimo quinto,
mense octobris.
Notum sit omnibus presentibus et futuris quod ego
Robertus de Malquenchi concedo et carta presenti et
sigillo meo confirmo , pro salute anime mee et heredum
meorum, Deo et Ecclesie Béate Marie sanctique Laurenci
de Bello Beccho et monachis ibidem deo seruientibus,
septem solidos Actum anno gratie millesimo du-
centesimo vicesimo secundo.
ÉCRITURE DU XIIe SIÈCLE
Belle écriture, quelquefois allongée dans les pre-
mières lignes des chartes et des diplômes de cette
époque; beaucoup de signes d'abréviations; Ye
avec cédille, mis pour œ, ce; le signe & se trouve
quelquefois dans les mots.
TROISIÈME PARTIE 81
Exemple : qui&a pour quieta; ponctuation irré-
gulière.
1
Ego Robertus de Harecort, omnibus amicis et here-
dibus, balliuis et hominibus meis salutem. Notum sic
uniuersis présentions et futuris, quod ego Robertu3
dedi monachis et abbatie sancte Marie de Noa, conce-
dentibus filiis raeis Ricardo, Johanne et Araaurico de
Harecort... Testibus Rogero de Angouilla. Galtero de
braio. Gaufrido dimendona. Hugone de garde. Magistro
Euroino. Actum Anno gratie millesimo centesimo nona-
geûtesimo secundo.
2
HUGO DEI GRATIA ROTHOMAGENSIS ARCHI-
EPISCOPUS, KARISSIMIS SVIS HELDEFRO Abbati
ET CONUENTUI SANCTJE MARIEE DE LIRA in per-
petuum Actum est hoc Rothomagi, Anno ab Jncar-
natione domini Millesimo Centesimo quadragesimo quinto.
Régnante Rege Francorum Lvdovico. Sit pax domini
nostri Jhesu Christi.
3
Anno ab incarnatione DOMINI millesimo centisimo
uicesimo primo. Willelmus malet dédit deo et SANCTiE
MARLE becci conteuillam ita quietam et integram sicut
eam tenuerat ipse et antecessores eius, et hoc pro sainte
anime sue et omnium parentum suorum. Et ego HEN-
82 PALEOGRAPHIE
RICVS DEI gratia rex anglorum, hoc donum concedo
pro salute animas mese et uxoris meas et omnium ante-
cessorum meorum et signo sigilloque meo confirme
Henricu* rex. Adelica regina.
+ +
Willelmus epi3Copus Wintonie.
+
liogerus episcopus Salesberie.
+
Ranulfus cancellarius. Drogo de Munccio.
+ +
Walterus filius Ricardi. Hugo de Gornaco.
+ +
Cornes Mellenti Gualeramus.
+
Rodbertus cornes leecestrensis.
+
ÉCRITURE DU XIe SIÈCLE
Caractère très bien formé; l'écriture allongée et
serrée qui se trouve employée dans les invocations,
les souscriptions et l'apposition des dates des char-
tes et des diplômes n'est autre que des minuscules
grandies et serrées les unes contre les autres, au
nombre desquelles on remarque quelques majus-
cules; moins d'abréviations que dans le siècle pré-
cédent; e avec cédille pour œ, œ; & pour et dans
les mots.
TROISIÈME PARTIE 83
Exemple : decr&Lum. Le point fait souvent la fonc-
tion de virgule.
1
IN NOMINE SANCTE ET IND1VIDVAE TRINITA-
TIS, PHILIPPVS DEI GRATIA FRANCORVM REX,
PRESENTIBVS ET FVTVRIS IN PERPETVVM,
QVONIAM VNIVERSIS IN ORBE REGIBVS QVIBVS
OMNIPOTENS CREATOR HVMANAM REM PUBLI-
CAM REGENDAM DISTR1BVIT propositum constat in
commune iustitiam colère, recta judicare populisque sub-
ditis. Ut igitur hoc decretum a nobis promulgatum ple-
niorem obtineat uigorem , nostra manu subter apposito
signo roborauimus atque fidelibus nostris presentibus ro-
borandum tradidimus, nostreque imaginis sigillo insuper
assignari iussimus.
(PHYLIPPVS)1.
PETRVS REGIAE DIGNITATIS CANCELLARIVS
RELEGIT ET SIGILLAVIT.
SIGNUM PHILIPPI INCLITI ET SERENISSIMI +
FRANCORUM REGIS. DATA KALENDAS AUGVSTI.
(MLXVIII.)
1 Traduction du monogramme, sorte de chiffre composé, dont
toutes ou les principales lettres d'un nom sont ordinairement
disposées en forme de croix, avec ou sans losange au centre;
dans les diplômes, les chartes et les bulles, le monogramme est
d'autant plus aisé à interpréter qu'il est le chiffre du personnage
au nom duquel l'un de ces titres est dressé.
84 PALEOGRAPHIE
.... Ego RAOULFUS pro spe salutis oeternsc,
monasterio SANCTiE CRUCIS sub presentia domni
ODILONIS eiusdem loci abbatis, Siluam quandam iu
monte qui est super uillam quse CALLIACYS dioitur
sitarn, quiM crasso uallo interiacente
SIGNVM GVILLELMI REGIS ANGLORVM + SI-
GNVM REGINE MAHILDIS + SIGNUM RADULFI
DE CONCHIS + SIGNVM GISLEBERTI EPISCOPI
EBROCENSIS +.
IV
RÈGLES PARTICULIÈRES DE CRITIQUE CONCERNANT LA
MATIÈRE, L'ENCRE ET l' ÉCRITURE DES DIPLOMES,
DES CHARTES ET DES MANUSCRITS1.
4 . Les plus anciens actes conservés jusqu'à pre-
ssent sont sur le marbre, le bronze et en papier
d'Egypte.
Ces règles de critique, empruntées aux savants travaux des
diplomatistes bénédictins, nous ont paru d'une trop grande uti-
lité pour n'être pas répétées ici. Elles compléteront les notions
de paléographie que nous avons exposées, et concourront avec
celles que nous avons résumées ci-après à faire reconnaître l'âge
et l'authenticité des matériaux manuscrits, quand on se trouvera
embarrassé sur l'une ou l'autre de ces questions.
TROISIÈME PARTIE 85
2. On ne connaît point de diplôme en parchemin
antérieur au vie siècle.
3. Une charte latine, en papier d'Egypte ou d'é-
corce, postérieure au xni° siècle, pourrait être décla-
rée fausse, au commencement du xme très-suspecte ,
pendant le cours du xiic, le soupçon serait légitime ;
avant ce siècle, il perdrait toute sa force.
4. Une charte de papier de coton antérieure au
ixe siècle serait suspecte à juste titre : plus récente,
le soupçon n'aurait pas de fondement par rapport
à une pièce grecque.
5. Tout diplôme de papier de coton expédié en
France, surtout dans les provinces septentrionales,
aussi bien que dans les royaumes du Nord, excepté
la Russie, serait suspect; mais à peine le serait-il
dans les pays qui étaient en commerce avec les Grecs,
et point du tout en Grèce, et même en Italie, de-
puis le xc siècle.
6. Les soupçons qu'on pourrait former contre un
acte de quelque importance sur du papier de chiffes
depuis le commencement du xnie siècle seraient
nuls; durant le xnc, très-forts; auparavant, ils
iraient jusqu'à conviction de faux.
7. Le papier et le parchemin timbrés furent
établis en Espagne et en Hollande l'an 1555; à
86 PALEOGRAPHIE
... t ___
Bruxelles, en 1668 au plus tard, et en France
Tan 4 673.
8. D'anciens titres en parchemin, après cinq et
six cents ans, et même davantage, peuvent se trou-
ver et se trouvent, en effet, presque aussi blancs et
aussi propres que s'ils étaient récents.
9. La couleur enfumée du parchemin est un ar-
gument fort incertain pour ou contre l'antiquité
des chartes.
4 0. Le vélin des manuscrits et des diplômes, jus-
qu'au déclin du xie siècle, est blanc et très fin,
en sorte que le plus fin dénote la plus grande
antiquité.
41. Depuis Tan 4 000 jusqu'à l'an 4400, le par-
chemin est plus épais et d'un blanc sale. Depuis
cette dernière époque, ses feuilles sont d'une épais-
seur excessive.
42. L'encre, avec toutes ses teintes et ses cou-
leurs, n'est pas d'une grande ressource pour la
vérification des manuscrits et des chartes.
43. Juger de l'âge de ces monuments selon que
l'encre est plus noire, plus vive et plus lustrée,
c'est s'exposer à de grandes méprises.
4 4. L'encre d'or, le rouge et le cinabre dans les
diplômes ne les rendent point suspects.
TROISIÈME PARTIE 87
45. Il est très peu de manuscrits postérieurs
au vie siècle qui soient totalement écrits en lettres
capitales.
46. Au xic, on trouve quelques chartes entières
en ce caractère.
17. Le vne siècle fournit plusieurs diplômes écrits
en lettres majuscules onciales.
4 8. Celte écriture paraît dans un grand nombre
de manuscrits depuis le ivc siècle jusqu'au ixe inclu-
sivement.
4 9. La demi-onciale employée dans les manuscrits
descend à peine jusqu'au xie siècle.
20. Les lignes entières écrites sans distinction
de mots caractérisent les manuscrits antérieurs à
Charlemagne et les diplômes plus anciens que
Pépin le Bref.
21 L'écriture minuscule en usage chez les
Romains, et depuis chez les peuples barbares qui
démembrèrent l'empire, fut renouvelée sous Char-
lemagne.
22. Des diplômes écrits en ce caractère aux vme
et ixe siècles et les suivants ne doivent point être
suspects.
23. Des diplômes dont toute ou seulement une
partie de l'écriture est en lettres majuscules ou en
88 PALEOGRAPHIE
petit-romain non lié ne doivent pas être suspectés
du côté du caractère.
24. Dès les premiers temps l'écriture cursive
romaine fut en usage et donna naissance aux
écritures nationales du même genre.
25. La cursive franco-gallique ou mérovingienne,
plus compliquée et plus obscure que la romaine,
fut celle des diplômes de tous nos rois de la pre-
mière race.
26. Elle va toujours en se rapprochant de la
minuscule romaine non liée, depuis la fin du
vmf siècle jusqu'au commencement du xne.
27. Des notes de Tiron dans les diplômes des
première et deuxième races de nos rois et dans
ceux des premiers empereurs d'Allemagne seraient
des caractères favorables.
28. La suscription ou première ligne d'un diplôme
des rois de France de la première ou deuxième
race, ou des premiers empereurs d'Allemagne, ne
le rendrait pas suspecte pour n'être pas écrite en
lettres hautes et allongées.
29. Quelques restes de caractère mérovingien ou
carolin rendraient fort suspects des diplômes posté-
rieurs au commencement du xne siècle.
30. Les manuscrits et les chartes des ixe et
Alphabets
^G
»C«o.
0?
Qi 33b.O<t&£
«■.t^.tfc.ixioe d Sk^VcVcv.-ccew.w.^.tf.
ce ch ch. ce cr et de de. eA. er er.cn. er. es. et.
fafv. 1< jr Uke. U. er pr S$. ff > W >>
jl. &>. fr «r £r er »- V y£ ^ ^
Vtntl «A. ^ Ji ^LN *? 7<i .<■* dV 67 ûJjj/
^W«.C «W "^"V», . nul Al 7 yyf if^f <( f^M 4*
f £ CSw{. 6e fétide Ar.-u <ZM <*>f>l\ r\«> l"'iffib
Ecriture duXV.e Siècle. Exercices.
Abréviations.
t*h<Kvp àjitmaù-
i\^pfiQapjia>tca
AtÇnPàpjrjent
(\\Jc\nif au. ternie
i\vCuv\K nulieiucn
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eÇiU . lien, ,
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(Sevvr fljeïowSk" viovvfc <wfl\* fctïU) wvww &w tvww ■«• &tt -mot <V%v\ot Gvw*0ikm<(!
wvw^ o./Kvvf»' «^v^wbtvW <\<<nvrt»7vwé' funf jx>\4«> &.\v mit ymvo |V/feiJ(ât-
acre
a cause-
CfUalifil
centre ■
vVWtV cempdreir
ï>^ dimteul-
ut cote
demandeur
e<->W jîvvtiJêV^ ^t©njW<^/^é^^
â\v&pi<j^<vwccfcjviHotmix^e>»Ut9^M-<^^ .
^jfK>w dejipefitïen
pvv'tf. d'un heut'.
i<-vx) deiuenier
<Q*\Ytjptr.d'unt
*wo/lf{ enaiUrc
eyvjl ■ tnfuieanl
*M$ en tir
ffà *J'""U
CjtpÂZcJjje'etal
d»p . cxùutvire
CY^X^LvI'O'rdt -
&/) faire..
' fai/oeU ,
fat? grâce
M>aZ général
^ryAi^, haMan.'.
ffcé. hoirs.
\tyv4) iiape'trmt-
tfytëilTtshacrift
\yy&iW) "ifor/ng,
A-ff iientA
*fe)C lialeruUv.
Ç&&. l*rcf
&& l<U,e>-
YMfwîv». mmuen.
| wvcmj. meiutiel
oVCi
\\X$i. ncbnll'l-
\>\\Çjfi>Ju'jaMiL
■c^jx^l. e/yw/Um
.iVmm erdenne-
y&tApLfictu*
>>t ' parici/fc-
jÇiJlrt. relation '
tnïy referma
/jumdemerti
JL,iUvc«. VK$'\*fr
y eenfenaiU
cemmunaute
qhit. eetUre-.
eftÇf. ccnitietv
qvwr amincnt
CtVWfW evmprïnr. *fiyv*Q
V jieur l>rç Ex.
\ycfj. /ireehain. ■
VCwè. /irecureai
juif t.
■ J!!!'"uf
R jieur Sei: S%
jfô*** fergens.
'QifWf terme-
CïfP. entré-
•xilqn'ii'IaSiflUhUj-
TROISIÈME PARTIE 89
xe siècles offrent beaucoup de vestiges delacursive
mérovingienne.
31. Au xiic siècle, l'écriture wisigothique ou
gothique ancienne cessa d'être d'un usage commun
chez les Espagnols.
32. Au même siècle, le caractère lombardique
dans les diplômes d'Italie ne serait pas un moyen
du suspicion.
33. L'Angleterre abandonna l'écriture saxonne
et employa la française dans les chartes et les
livres sous le règne de Guillaume le Conquérant.
34. Depuis le xne siècle, plus récriture approche
du xvi% plus elle dépérit et devient difficile à lire.
35. Le nouveau caractère gothique paraît dans
les manuscrits et les chartes dès rentrée du
xme siècle.
36. Dans ce même siècle, plus qu'en aucun autre,
l'écriture de la chancellerie varie selon la diversité
des notaires ou secrétaires.
37. Dans les chartes du xme siècle, cinquante
ans peuvent opérer, par rapport aux écritures, le
même effet qu'un ou deux cents ans dans celles des
autres siècles.
38. Les abréviations, devenant plus fréquentes
90 PALEOGRAPHIE
dans les manuscrits et les chartes, marquent une
moindre antiquité à raison de leur augmentation.
39. La multitude excessive des abréviations ca-
ractérise les actes et les manuscrits des xme, xive et
xve siècles.
40. Dans les manuscrites de six à sept cents ans,
la conjonction & se trouve souvent marquée par une
ligne courbe ou horizontale entre deux points *~> .
41. Les diplômes où les noms propres sont
marqués par les seules lettres initiales ne doivent
point pour cela devenir suspects, surtout depuis le
ixe siècle.
42. Dès le xe siècle, dans les diplômes, on com-
mença à mettre des accents aigus sur des deux il
de suite, pour les distinguer de Vu : cancellarii .
43. Les manuscrits et les diplômes originaux où
les points sont régulièrement placés sur lesi avant
le xive siècle doivent passer pour suspects.
44. Les accents furent en usage dans récriture
dès le temps d'Auguste et dans l'âge d'or de la lati-
nité.
45. Le mode de faire entrer la conjonction &
dans les mots, comme dans pSute, cessa dans le
xne siècle.
46. On ne trouve point la diphthongue œ, mais
TROISIÈME PARTIE 91
un simple c, dans les manuscrits et les chartes du
xme siècle et les deux suivants, quoiqu'elle paraisse
souvent sur les sceaux.
47. Plus on remonte au vne siècle et plus on
trouve de barbarie dans les figures dont les manus-
crits sont ornés; mais leurs lettres historiées et
leurs miniatures commencèrent au xve siècle à se
réconcilier avec la belle nature.
48. Les lettres t et c des chartes et des manu-
scrits se confondent depuis le xm° siècle par une
trop grande ressemblance de leurs figures; c'est
un des moyens que David Gasley proposa pour
juger de l'âge des écritures.
49. Après le commencement du même siècle,
les figures de Yn et de Vu ne furent plus ordi-
nairement distinguées l'une de l'autre; mais on
mit souvent deux accents sur Yu.
50. Ve simple est fréquemment mis pour la diph-
thongue œ dans les inscriptions et les manuscrits
les plus anciens. Il ne faut donc pas donner pour
règle que les simples e caractérisent les monuments
du xn° au xinc siècle.
92 PALEOGRAPHIE
RÈGLES DE CRITIQUE PROPRES A DÉTERMINER L'AGE DES
MANUSCRITS NON DATÉS DU XIe AU XVIe SIÈCLE
Il est peu de manuscrits du moyen âge qui por-
tent avec eux la date précise de leur confection.
Beaucoup de chartes privées des xie, xne et xme
siècles sont également dépourvues de date. Ce n'est
que par une grande habitude de voir et de compa-
rer les monuments écrits de différents siècles, et en
tenant compte de toutes les particularités qui les
distinguent, qu'on parvient à déterminer, sinon la
date précise, au moins l'âge approximatif d'un ma-
nuscrit ou d'une charte non datée.
Pour venir en aide, autant que possible, aux
personnes embarrassées sur ces questions de dates,
nous rassemblons ici les observations éparses des
diplomatistes relatives aux chartes et aux manu-
scrits du xie au xvie siècle.
XI' SIÈCLE
Le vélin des manuscrits jusqu'au déclin du xic
siècle est blanc et très-fin.
TROISIÈME PARTIE 93
Depuis Tan 1000 jusqu'à Tan 1400 le parchemin
est plus épais et d'un blanc sale.
Le papier de coton, connu des Orientaux dès le
ixe siècle, et qui se distingue du papier de chiffes
en ce qu'il est plus épais, plus lisse et laisse ordi-
nairement paraître dans la tranche des fils de coton,
n'offre point d'actes écrits sur cette matière anté-
rieurement à la fin du xie siècle.
On s'est servi dans la chancellerie romaine du
papyrus jusqu'au milieu du xie siècle.
Les lignes horizontales sur lesquelles s'appuie
l'écriture sont, dans ce siècle, tracées au crayon de
plomb ou d'argent et aussi à la pointe sèche.
L'écriture Caroline est encore en vigueur dans ce
siècle.
La première ligne des diplômes et des chartes est
écrite en lettres minuscules, mais allongées d'un
pouce plus ou moins, étroitement serrées et souvent
mêlées de capitales.
La conjonction et se trouve ainsi marquée dans
la plupart des manuscrits de cette époque ( -r •
ou &). Ce dernier entrant dans la composition des
mots comme dans p&ite.
Deux ii de suite sont distingués de Vu par des
accents ainsi disposés : ii.
94 PALEOGRAPHIE
Quant à la ponctuation, voici comme elle était
généralement pratiquée dans ce siècle :
Le point, souvent exprimé par un point et vir-
gule (;), ou par une sorte de 5 (5) ou de 7, ou de
virgule avec deux points ("\.
Le point seul fait souvent la fonction de virgule.
Il sert encore pour les deux points et la virgule.
C'est vers le milieu de ce sièele que Guyd'Arezzo
imagina de placer les neumes ou notes musicales
dans un système de ligne dont les couleurs alter-
naient : une rouge, jaune ou verte.
C'est aussi vers cette époque que l'usage des
réclames pour distingueras cahiers d'un manuscrit
fut adopté.
Dans ce siècle, les abréviations commencent à
devenir plus fréquentes.
XIIe SIÈCLE
C'est dans ce siècle que commence la gothique
moderne.
Beaucoup d'abréviations dans l'écriture.
La lettre JE se trouve encore ici pour rendre la
diphthongue œ ou œ. Comme dans le siècle précé-
TROISIÈME PARTIE 95
dent, cet £ se présente accompagné d'une sorte de
cédille ou crochet.
En 1100, le beau caractère, appelé Ludovicieii,
tend à la perfection.
Les lettres qui ont des queues en dessus ou en
dessous de l'écriture sont comme tremblées.
Les lignes qui supportent l'écriture sont tracées
de même que celles du siècle précédent.
La ponctuation n'a encore rien de fixé dans ce
siècle. Les trois points l'un sur l'autre (•), ainsi
que ce trait (— ), y furent en usage pour séparer
les mots les uns des autres.
Présence de l'alpha et de l'oméga dans les chartes
et les signatures.
La notation musicale par neumes fut constante
dans ce siècle.
XIIIe SIÈCLE
En 1200, le caractère est parfait pour la forme.
L'écriture est belle et bien régulière.
Le nouveau caractère gothique paraît dans les
manuscrits dès l'entrée de ce siècle.
Ladiphthongueœouœs'exprimeaussiparesimple.
Les lettres c et t se confondent toujourSo
96 PALÉOGRAPHIE
C'est dans ce siècle qu'on commence à rencon-
trer l'usage des chiffres arabes.
Abréviations en très-grand nombre.
Les mots se séparent par de petits traits inclinés
de droite à gauche (/).
Les accents, devenus très communs, n'affectent
pas seulement les deux %%9 mais même Yi isolé.
Ponctuation des manuscrits fort négligée.
Les lignes qui servent à appuyer l'écriture ne
sont plus tracées qu'au crayon de plomb ou d'ar-
gent.
Lettres initiales historiées de figures d'hommes ou
d'animaux pour les manuscrits.
La couleur verte pour les lettres initiales se re-
marque plus particulièrement dans ce siècle. C'est
môme un caractère distinctif pour les manuscrits
des xie, xne et xni° siècles.
Ce n'est qu'à partir du xmc siècle que les traités
de musique et la liturgie ecclésiastique présentent
des notes carrées sur quatre ou cinq lignes.
L'emploi du papier de coton n'est devenu d'un
usage ordinaire que depuis le commencement du
xme siècle.
Le papier de chiffes, fabriqué sans doute à l'imi-
tation du papier de coton, ne remonte pas plus
TROISIÈME PARTIE 97
haut que ce siècle. Le plus ancien acte, cité par les
bénédictins, écrit sur ce papier, est une charte de
l'an 1239.
Malgré la découverte de ces deux papiers, on
continua pendant longtemps encore d'écrire sur
parchemin.
XIVe SIÈCLE
L'écriture de cette époque dans les chartes est
nette et précise. On y remarque aussi beaucoup
d'abréviations.
Les points remplacent les accents sur les i.
La diphthongue œ ou œ continue d'être représentée
par Ye simple, et le c et le t se confondent encore.
Dans ce siècle, les lignes qui supportent l'écri-
ture sont encore tracées au crayon de plomb ou
d'argent ; on en rencontre aussi qui le sont à l'encre
rouge.
Lettres historiées d'hommes ou d'animaux comme
au siècle précédent.
L'usage des réclames pour distinguer les cahiers
d'un manuscrit se continue aussi dans ce siècle.
Le papier de chiffes, quoique connu au xme siè-
cle, ne fut d'un usage ordinaire que dans le
xivc siècle.
98 PALEOGRAPHIE
XVe SIÈCLE
Depuis 1400, les feuilles de parchemin sont d'une
épaisseur excessive.
Les abréviations sont multipliées plus que jamais.
L'écriture devient plus forte et plus lourde. Le c
et le t tendent toujours à se confondre. L'e simple
remplace toujours Yœ ou l'œ.
Les lettres historiées et les miniatures des ma-
nuscrits commencent à montrer plus de correction
et de fini.
Dans ce siècle, le point placé au bas de la ligne
sert pour la virgule, au milieu pour les deux points
et au haut pour le point. Tel fut l'usage des plus
habiles écrivains.
C'est aussi à cette époque qu'on commença à
mêler des chiffres romains avec des chiffres arabes
et qu'on raya les manuscrits plus souvent à l'encre
rouge qu'au crayon de plomb ou d'argent.
Dans les premières années de ce siècle on mar-
qua les dates en abrégé , mais en se servant des
petites lettres romaines appelées chiffres financiers
comme : m. cccc. iv.
TROISIÈME PARTIE 99
XVIe SIÈCLE
L'écriture du commencement de ce siècle et de la
fin du xv° est la plus difficile de toutes, quoique la
moins éloignée de nous. Les abréviations y sont
aussi nombreuses que dans le siècle précédent, si
elles ne le sont pas davantage.
Si dans ce siècle comme dans le précédent on
omet quelquefois de marquer dans les dates le
millième et les centièmes, il s'en trouve d'autres
où on ne voit que les années du siècle courant pour
abréger.
Ce n'est que dans ce siècle que les chiffres arabes
ont commencé à paraître dans les diplômes et les
chartes, et la figure de ces chiffres n'est devenue
uniforme en France que depuis la dernière moitié
de ce siècle.
La réglure des manuscrits est à l'encre rouge.
e mis pour œ ou œ.
Au milieu de ce siècle les points ronds sur les i
remplacèrent tout à fait les accents qui les avaient
précédés.
t
QUATRIEME PARTIE
DES SCEAUX ET DE LEURS LÉGENDES
On peut tirer de grands secours des sceaux
plus que de tous les autres monuments, parce
qu'ils sont attachés à des actes authentiques.
Mknestrier, Rech. du blason.
La sphragistique , ou connaissance des
sceaux, est la sœur de la numismatique.
MlLLIN.
près le déchiffrement des chartes vient
nécessairement l'examen des sceaux qui
y sont attachés; car tout historien qui
consulte les chartes et néglige les sceaux
fait un travail incomplet.
Mais, pour apprécier toute l'importance de ces
documents exacts, il faut pouvoir les comprendre,
et, pour les comprendre, il faut savoir les lire.
102 PALEOGRAPHIE
Les difficultés que présente la lecture des ins-
criptions sigillaires ne peuvent être surmontées
que par des connaissances préliminaires de paléo-
graphie.
C'est pour obvier à ces difficultés que nous réu-
nirons dans cette quatrième partie de notre mé-
thode toutes les instructions propres à faciliter la
lecture des inscriptions contenues dans les sceaux.
Mais avant de passer à la paléographie de ces
curieux monuments, qui sont pour notre histoire
des documents aussi précis, aussi instructifs que
les monnaies et les médailles, nous croyons indis-
pensable de jeter un coup d'œil général sur la sigil-
lation au moyen âge.
Indiquer la nature des sceaux, leur origine, leur
objet, leurs différentes attributions et toutes les
particularités qui les distinguent, c'est préparer
aux difficultés du déchiffrement et aider à la resti-
tution épigraphique de ces monuments quand ils
sont endommagés par les siècles.
QUATRIEME PARTIE 103
APERÇU GÉNÉRAL
On entend communément par sceau l'instrument
à face gravée servant à faire une empreinte sur la
cire ou quelque autre matière.
Fixer cette empreinte à un acte, c'est ce qu'on
appelle sceller.
Mais, par extension, le nom de l'instrument est
passé aux empreintes elles-mêmes, qui furent éga-
lement appelées sceaux.
De là la distinction en sceaux-matrices et en
sceaux-empreintes.
I
DES SCEAUX-MATRICES
On s'est servi au moyen âge de trois sortes d'ins-
truments à sceller.
Le premier, connu dans la plus haute antiquité,
est l'anneau sigilîaire (annulus, annulus signatorius,
sigiUaricius ou cerographus) ; il se composait, comme
nos bagues et cachets, d'une pierre plus ou moins
précieuse, gravée en creux et fixée au chaton d'un
anneau.
104 PALEOGRAPHIE
Les diplômes des rois de France des 1re, 2e races
et quelques-uns de la 3e portent des empreintes de
ces anneaux sigillaires. Quelques dignitaires de
l'Église se servirent d'anneaux jusqu'au ixe siècle.
L'emploi de cette sorte de sceaux, qui cessa entiè-
rement au xie siècle, se trouve désigné dans les
titres par les expressions de : annulo signare, annulo
sigillare, annuli impressionne signare, etc.
L'anneau du pêcheur : annulus piscaîoris, ainsi
appelé parce qu'il représente saint Pierre dans son
premier état, était un sceau annulaire à l'usage des
papes; ils s'en servaient pour leurs lettres particu-
lières. Ce ne fut que vers le xve siècle que l'anneau
du pêcheur fut employé à sceller les bulles ou
brefs.
Le second instrument sigillaire qui vint succéder
aux anneaux, et prendre le nom de sigillum , se
composait d'une plaque de métal, de forme ronde
ou ovale, ayant une face gravée et l'autre garnie
d'un anneau ou d'une poignée. Nous le voyons
apparaître vers le xe siècle et concourir avec les
anneaux-cachets à la validalion des actes jusqu'au
xic siècle, où il reste seul en possession de sceller
jusqu'aux derniers temps du moyen âge.
Ce sceau-matrice, qui n'est plus circonscrit dans
l'étroit chaton d'une bague, se prête à tous les
Alphabets
Ecriture du. XVI ? Siècle. Exercices.
Abréviations.
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Sc<y. fomme.
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VveP vwoïïite.
Ç&Jëvvj Vùvnié,
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3l<s/*uwt>ew&tUi«4 afivwùui^
Stfîlafe corn, conJSx.
UriauuaJm VU Sx
mirji'paJ'.perJh.
fàf'cfndaiiipn^
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m
QUATRIÈME PARTIE 105
développements qu'exigent les figures et les inscrip-
tions dont il doit fournir l'empreinte. Aussi il croît
tellement en faveur qu'au xmc siècle il est en usage
dans tous les rangs de la société. On verra plus
loin les types nombreux et variés qu'il a produits ;
ce sont eux surtout qui seront l'objet de notre
examen.
Les chartes qui appartiennent à cette période por-
tent les formules : sigilli impressione communiri
feci, sigillo confirrnavi, sigilli appositions robo-
raviy sigillum apponere fecimus, sigilli munimine
roboravi, etc.
Le troisième sceau-matrice est le coin bullaire,
gravé et disposé comme le coin des monnaies. Il
servait à frapper les sceaux métalliques, nommés
bulles; tels sont ceux d'or, d'argent, d'étain ou de
plomb, dont quelques souverains et chefs de l'Église
jugeaient à propos de fortifier certains actes.
La plupart des édits des empereurs romains
étaient ainsi scellés.
Les papes, au moyen âge, ont particulièrement
fait usage du coin bullaire pour sceller en plomb
leurs rescrits.
Ce mode de sceller se reconnaît dans les actes
aux expressions de : subter plumbum sigillari feci-
miis, présentes bullà aureâ nostrâ roboratas, bullœ
100 PALÉOGRAPHIE
nostrœ plumbeœ munimine roborari fecimus, bullis
nostris insigniri jussimus, etc., etc.
II
DES SCEAUX-EMPREINTES
§ 1er. DÉNOMINATIONS
Les sceaux, considérés comme empreintes, ont
entre eux diverses dénominations qui tiennent aux
attributions qu'ils ont reçues de l'usage. Il importe
de les connaître, ainsi :
Sigillum, scel, sceau, anciennement seel, sael,
terme générique, désigne toute empreinte de sceau.
Ce n'est que vers le xc siècle qu'il servit à exprimer
l'instrument à sceller. « Le mot sigillum, disent
les BB., est surtout commun sur les sceaux des
évoques et des grands seigneurs dès le milieu du
xne siècle. Au lieu de sigillum on trouve signum,
impressio et subscriptio sigilli sur quelques sceaux
des comtes et des églises : c'est qu'alors les sceaux
tenaient lieu de signature. »
Sigillum magnum, sigillum parvum
indiquent le grand et le petit sceau dont, suivant
l'importance des actes, se servaient les souverains,
les grands feudataires, les évêques, les commu-
QUATRIÈME PARTIE 107
nautés, les tribunaux, les villes, les églises cathé-
drales, etc., etc.
Grossum sigillum est le grand sceau , le
sceau public, le sceau authentique et le sceau pen-
dant.
Subsigillum était un sous-sceau, un sceau
secret suspendu et fixé au-dessous du grand sceau.
Sigillum majestatis, sceau de majesté. Il
représentait l'empereur ou le prince assis sur un
trône et revêtu des insignes de la souveraineté.
Henri Ier, roi de France, est le premier qui s'en
soit servi.
Contrasigillum , contrasignetum, par-
vum signetum. C'est le contre-scel ou l'em-
preinte faite au revers du sceau principal. Ce con-
tre-scel peut être d'une grandeur égale au sceau
principal; mais on rencontrera plus communé-
ment des contre-scels plus petits que le sceau der-
rière lequel ils sont fixés.
Les contre-sceaux, comme les sceaux, contien-
nent aussi des figures, des emblèmes et des armoi-
ries; quelques-uns sont sans légendes. Leur usage
ne date que du xie siècle en France.
Sigillum secreti, sigillum minus, se-
cretum, secretum meum sont autant de
légendes du contre-scel.
108 PALEOGRAPHIE
Bulla désigne en général un sceau de métal à
double empreinte, et spécialement le sceau de
plomb attaché aux rescrits des papes, d'où ces res-
crits ont pris le nom de bulles. Les sceaux de cire
ont été quelquefois appelés bulles; les bulles frap-
pées des deux côtés s'appellent bulles entières ou
simplement bulles,, et celles qui n'ont qu'une em-
preinte demi-bulles.
Plumbum est un sceau de plomb ; c'est l'équi-
valent de bulla plumbea.
Sceau commun. Il était distingué en ordi-
naire et en extraordinaire : le sceau commun ordi-
naire était celui d'une ville, d'une communauté,
etc.; l'extraordinaire, celui d'un concile, d'une as-
semblée, fait à l'occasion pour tenir lieu de tous les
sceaux des membres présents à ces réunions.
Le sceau commun était encore, selon les conti-
nuateurs de du Cange, le sceau secret, le petit sceau,
le sceau médiocre ou moyen, le signet et le contre-
sceL
Signet (signetum). C'était un petit sceau,
un cachet et quelquefois un sceau secret qui n'a
été en vogue qu'aux xiv© et xve siècles.
Coins, enseignes. C'est ainsi qu'on appelait
les sceaux en français dans les xme et xive siècles :
QUATRIÈME PARTIE 109
« Coigné des coins don seignor. » (Beaumanoir,
chap. 200.)
Burlettes , bulettes , sceaux publics dans le
pays Messin; d'où est venu burîetter pour dire
sceller.
Scel authentique, dans les bas siècles, dé-
signe les sceaux seigneuriaux confiés à des tabel-
lions.
Sceaux royaux, ceux qui portent les armes
de France , excepté le grand sceau représentant le
roi revêtu des insignes du pouvoir.
Grand sceau dauphin, celui qui était ré-
servé à sceller les expéditions concernant la pro-
vince du Dauphiné.
Petit sceau, celui des chanceliers, des parle-
ments. Celui des présidiaux est plus petit , et celu[
des justices inférieures l'est encore davantage.
Sceau pendant, sigillum pendens, pen-
sile, employé pour les actes d'une certaine impor-
tance qu'on appelait pour cette raison chartes pen-
dans, lettres pendans, dans le xive siècle. On appelle
aussi sceaux pendants ceux qui sont suspendus aux
chartes par des attaches; ils n'ont commencé à
être d'usage que vers le xi« siècle, et dès le vne
pour les papes.
110 PALEOGRAPHIE
Sceaux plaqués , en placard. Ce sont des
empreintes en cire fixées sur la charte même.
Les diverses dénominations du sceau étant con-
nues, voyons son usage et comment il se modifie
dans son emploi suivant les temps, les personnes
et les choses.
§ 2. EMPLOI
On sait que les empreintes sigillaires servaient à
donner aux anciens actes qui en sont pourvus un
caractère d'authenticité.
Signatures. Avant que les sceaux fussent re-
connus nécessaires pour donner autorité à un acte
quelconque, les parties intéressées se contentaient
de tracer une croix (signum crucis) devant leur
nom et d'y mentionner un nombre de témoins.
Mais au xne siècle les sceaux suppléèrent aux seings
ou signatures composées d'une simple + précédée
du mot signum. (Voir au bas des pi. VI et VII.) Ce
ne fut qu'au xvie siècle que la signature en toutes
lettres fut exigée pour donner aux titres la sanction
nécessaire.
Sceaux plaqués. Les plus anciens sceaux
furent d'abord appliqués pour le diplôme ou la
charte même, d'où leur est venue la dénomination
QUATRIÈME PARTIE 111
de sceaux p laqués. Ils furent spécialement en usage
sous les rois mérovingiens, carlovingiens et les
premiers capétiens.
Les chartes des évêques et des abbés offrent des
sceaux plaqués jusqu'au déclin du xii® siècle. Il y a
aussi des sceaux plaqués entre deux papiers, pen-
dants ou fixés aux titres mêmes; mais cette espèce
de sceaux ne date que du xvie siècle.
Sceaux pendants. Ensuite les sceaux ont
été suspendus aux titres par des lemnisques, atta-
ches ou lacs de soie, de fil, de ruban, de cuir, de
corde ou de parchemin. Cette disposition leur a fait
donner le nom de sceaux pendants (sigillum peu-
dens, pensile ou appensum) : Sigillo subtus pendenti
confirmavi.
Ce ne fut guère que vers la fin du xne siècle que
l'usage des sceaux pendants fut régulièrement
adopté.
Attaches. La différence des attaches désignait
la condition des personnes. Les fils d'or et de soie
appartenaient aux souverains; la soie diversement
coloriée et tissée servait au clergé et à la noblesse;
les tabellions et les simples particuliers employaient
le parchemin. Ce ne fut qu'au xvi« siècle qu'ils
scellèrent entre deux papiers sur le titre.
La bande du parchemin était appelée queue. On
112 PALEOGRAPHIE
scellait en simple queue quand la bande était prise
à même le titre, et en double queue lorsque celle-
ci consistait en une lanière de parchemin traver-
sant l'acte dans sa partie inférieure pour se rejoin-
dre aux deux extrémités dans la cire du sceau.
(Voir la pi. IX, 6g. 4, 5, 9, 40, 12, 45, pour les
queues simples, et les autres nos pour les doubles.)
Forme. La forme des anciens sceaux est extrê-
mement variée. Les uns sont ronds, ovales, en ogive,
en écusson, et ce sont les plus communs; les autres,,
assez rares, sont carrés, triangulaires, polygones,
en losange, et suivant leur grandeur on les dis-
tingue en grands et en petits sceaux.
La forme ronde ou orbiculaire est celle qu'affec-
tent plus particulièrement les sceaux royaux, ceux
des ducs, des comtes, des chevaliers et des seigneurs.
Les plus anciens sceaux ecclésiastiques sont aussi
orbiculaires, ainsi que les sceaux de villes.
La forme ovale et en ogive se trouve employée
généralement par les évêqués, les abbés et abbesses,
les monastères, les chapitres, les officiaux, et dans
l'ordre civil par les dames et les universités.
Matière. La matière la plus ordinaire des em-
preintes a été la cire. Les empereurs et les rois se
sont souvent servis de sceaux d'or pour les chartes
QUATRIÈME PARTIE 113
importantes; on a employé aussi l'argent, le plomb
et Tétain.
Les sceaux de plomb, nommés bulles, étaient spé-
cialement attachés aux rescrits des papes; leur em-
ploi est très ancien. Des évoques et quelques souve-
rains ont aussi fait usage des sceaux de plomb.
Tous les sceaux métalliques sont des sceaux pen-
dants.
Couleur. La couleur des empreintes de cire n'a
pas moins varié que leur forme ; on compte six
couleurs : le blanc, le jaune, le rouge, le vert, le
bleu, le noir et le composé.
Les rois, les évêques, les abbés, les chapitres, les
monastères et les seigneurs se servirent plus spé-
cialement des quatre premières couleurs.
Les papes scellent en cire rouge quand ils se
servent de l'anneau du pêcheur.
Les cardinaux employaient aussi cette couleur.
Images, symboles des sceaux. Au xiue
siècle, avons-nous dit, l'emploi du sceau pour au-
thentiquer les actes devint si général que, indépen-
damment des sceaux publics, il n'était personne,
quelle que fût sa condition, qui n'eût son sceau
particulier.
Ainsi empereurs, rois, princes, ducs, comtes,
8
114 PALEOGRAPHIE
marquis, barons, chevaliers, écuyers, varlets,
damoiseaux, châtelains, baillis, vicomtes, papes,
cardinaux, évêques, abbés, doyens, chanoines,
prieurs, clercs, docteurs, ordres religieux et mi-
litaires, communautés, juridictions, tabellions,
magistrats, officiers publics, simples possesseurs
de terre, artisans, commerçants, etc., etc., tous
avaient un sceau chargé de leurs noms, titres et
insignes.
C'est en passant en revue les sceaux groupés ici
par espèce avec les divers attributs dont ils se dé-
corent qu'on apprendra à les connaître et à les dis-
tinguer les uns des autres.
Papes. Les sceaux des papes, en tant que bulles
de plomb, sont en deux faces. D'un côté sont les
têtes de saint Pierre et de saint Paul en regard,
celle de saint Pierre à droite, celle de saint Paul à
gauche, une croix entre deux. Le nom de ces deux
saints se lit dans les abréviations SPA SPE (sanctus
Paulus, sanctus Petrus), disposées tantôt en ligne
perpendiculaire, tantôt en ligne horizontale, suivant
les sceaux. De l'autre côté est le nom du pape avec
le nombre ordinal.
Cardinaux. Les sceaux des cardinaux ressem-
blent assez à ceux des autres prélats; ils sont tantôt
ronds, tantôt ovales. Les images des saints dont ils
QUATRIEME PARTIE 115
portent les titres s'y remarquèrent d'abord, et
ensuite leurs armes ou quelques autres symboles.
Les cardinaux scellent en cire rouge.
Évêques. Les anciens sceaux des évèques re-
présentent ces prélats en habits sacerdotaux, la
mitre en tête et la crosse en la main gauche, la
main droite levée avec deux doigts étendus pour
bénir; ils sont parfois accompagnés de leurs écus-
sons.
Ilsconservèrentpendantuntempslaformeronde,
mais ils ne tardèrent pas à prendre la forme ovale
et même celle en ogive.
Les évêques eurent au xme siècle des contre-
sceaux.
Abbés. Les abbés, dans les anciens sceaux, sont
généralement représentés crosses et mitres: les uns
sont assis sur la chaise abbatiale, les doigts levés
pour bénir; les autres debout, la tête nue, et tenant
de la main gauche un livre contre la poitrine, et
de la droite une crosse tournée en dehors. Forme
ovale et ogivale.
Abbesses. Les abbesses sont en grand habit de
chœur, tenant le bâton pastoral; elles sont tantôt
debout, tantôt assises. On voit aussi sur leurs sceaux
les images des patrons de leurs églises. La forme
de leurs sceaux est de même que celle des abbés.
110 PALEOGRAPHIE
Prieurs. Les prieurs et les autres ecclésias-
tiques dignitaires sont aussi figurés debout ou assis,
avec les marques de leurs dignités dans leurs
sceaux, ordinairement oblongs.
Souverains. Les sceaux des souverains lés re-
présentent ou assis en majesté, vêtus à la royale,
d'une tunique ou d'un long manteau avec la cou-
ronne en tête et le sceptre en main, ou armés à
cheval en qualité de ducs ou de comtes. Sceaux
ronds.
Les fils de France et les princes du sang royal
avaient très souvent des sceaux équestres.
Seigneurs. Les grands seigneurs, tels que les
ducs, les comtes, les chevaliers, se montrent à che-
val, avec l'épée au poing, ou une lance garnie d'une
banderole, ou un oiseau sur le poing. Leur bouclier
ou leurs vêtements sont ordinairement couverts de
leurs armoiries. Grands sceaux ronds.
Dames. Les dames sont représentées le plus
souvent debout, vêtues de long et voilées : les unes
tiennent une fleur de lis ou quelque autre fleur, les
autres un oiseau; elles sont quelquefois figurées
sous un dais gothique avec des armoiries à leurs
côtés; quelques-unes sont à cheval, l'oiseau sur le
poing, quelques autres sont vêtues d'une robe semée
de pièces de leurs armes.
QUATRIEME PARTIE 117
Ordres religieux et militaires. Les Tem-
pliers : leur sceau représente deux cavaliers montés
sur un cheval, comme symbole de la pauvreté.
Celui des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem,
et plus tard de Malte, exprimait la charité de cet
ordre envers les pauvres malades rieurs armes étaient
une croix blanche pleine en champ de gueules.
Le sceau de l'ordre de Saint-Dominique repré-
sente ce saint personnage.
Pour les frères mineurs, le sceau des supérieurs
généraux de cet ordre montre saint François por-
tant les stygmates.
Eglises, etc. Les sceaux des communautés se
composent, pour les églises cathédrales ou collé-
giales, les chapitres, les congrégations, etc., des
images de Notre-Dame et des saints patrons titu-
laires de ces églises et communautés ecclésiastiques.
Plusieurs abbayes, plusieurs collèges et plusieurs
communautés n'ont pas d'autres sceaux ni d'autres
armoiries que celles de leurs fondateurs.
Communautés royales. Les chapitres, les
abbayes et les communautés qui sont de fondation
royale portent dans leurs sceaux les armoiries de
France; parfois, avec la crosse, le bâton de cha-
pitre ou l'image de leurs saints tutélaires.
118 PALEOGRAPHIE
Les collèges et universités ont leurs armoiries
particulières: l'université de Paris porte trois fleurs
de lis d'or, un livre fermé au cœur de l'écu.
Tous les anciens parlements de France scel-
laient en placard, au sceau du roi, de trois fleurs
de lis.
Les présidiaux et sénéchaussées de même.
Sceaux des villes. Ils représentent des figu-
res faisant allusion au nom, à l'étymologie, au
commerce et à l'industrie des villes; leur lettre ini-
tiale, les images ou les armes des princes à qui
elles sont soumises y figurent aussi. On y voit éga-
lement des portes, des ponts, des tours, et les saints
patrons qu'elles ont adoptés.
Tabellions, Prévôtés, Officiaux, et tous
ceux qui avaient droit d'exercer une juridiction,
représentèrent dans leurs sceaux des tours, des
châteaux, ou les armoiries des seigneurs au nom
desquels ils exerçaient.
Corporations, Artisans, etc. Les corps
de métiers avaient un sceau commun représentant
le symbole le plus significatif de la profession. Des
artisans, de simples particuliers, de petits proprié-
taires eurent aussi leurs sceaux propres ; chacun,
pour ces sceaux particuliers, suivait son goût et
QUATRIÈME PARTIE 119
son caprice. On faisait graver de préférence les ins-
truments et les symboles de sa profession ou de son
art, comme parfois un rébus ou une lettre initiale
en rapport avec le nom. Des personnes de la plus
vile condition avaient des sceaux en Normandie,
dit du Cange (tome VI, col. 494); ces sceaux rotu-
riers ne sont pas les moins curieux à étudier.
Pour compléter ces courtes instructions, on
pourra consulter :
La Nouvelle Diplomatique des bénédictins; le
Dictionnaire raisonné de diplomatique de dom de
Vaines; la Diplomatique pratique de Lemoine; les
Éléments de paléographie de M. de Wailly ; le Dic-
tionnaire de diplomatique chrétienne de M. l'abbé
Migne, les bulletins de la Société de sphragistique
et notre Dictionnaire de sigillographie pratique.
III
LÉGENDES DÈS SCEAUX
§ l,r. PALÉOGB1PHIE
Les sceaux, considérés dans leurs légendes, sont
de curieux monuments de paléographie. De même
que dans les inscriptions des monnaies et des mar-
120 PALEOGRAPHIE
bres, on y observe une écriture qui se modifie de
siècle en siècle, et qui demande, pour se laisser
pénétrer, à être étudiée dans ses divers éléments,
ses abréviations, son orthographe, et dans toutes
les irrégularités que le caprice ou l'ignorance y ont
introduites.
Les écritures employées dans les inscriptions
sigillaires sont :
4° La capitale romaine, dont l'usage s'est con-
servé jusqu'au xnc siècle, où elle disparaît dans un
mélange de lettres onciales et de caractères gothi-
ques ;
2° La capitale gothique, qui paraît dans le cours
du xme siècle;
3° Et la minuscule gothique, dans les sceaux du
xive siècle.
L'alphabet que nous avons donné, planche IX, de
toutes les lettres employées dans les inscriptions
des sceaux montrera les différentes formes que les
lettres capitales ont affectées comme onciales ou
comme gothiques, surtout dans les caractères arron-
dis de D, E, H, K, M, N, T, V.
Après avoir examiné successivement les lettres de
même valeur, renfermées entre deux points, on
s'attachera, pour éviter toute méprise, à distinguer
le rapprochement de forme dans les lettres de
âlpliabets .
3 Ot.Mi-vicu.Cw.
J}
J I c twLv6ctv£ecC
a Cvact-.6V(?V»cc*>ko^fi^H2>'v>*£'
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cV^j£ . jv jojn ./* «p-.gt.cjo. <$>.fyfr\>.Z .
etfxKtr fe fa frfrfu-- gc* gi go gr he lie. le. V£.
c»n.c>Vvcn/.cO.^>5.i?vw.\rcî' vnJ.-of.O-.îV.^.-yx^.
««. 0,1. or os pp. pr rï. rc rs . rt fe. le.tr. ye te-
v. L.'l^.vj.é . -] .'f . o^ . 0 -.
i i^ . vtj wvj »«,vV \> S>j Q»m Viit v*> -^Pp—
CVVy lêoo . VVM . S» -M . %pao - vi ''X-ç VM 66Î .
Ecriture du XVII? Siècle • Exeroios^s.
olKjl JW c? w.Wv_ ks\S&y \J\(sxxk\Si^ <w\\,<ÀOU'vJjv^fo\)v<>^r —
vVtOrvv- ou—
9'A^ArtOvvtiA. -tJttJcvv^^cXvvovo J&Jv5o\vv'c i^vvsri eve ^cvvOvvA.v^iwvao''
^/UylAî" ^WttV) ^CV\^V\J^i^^VVV^2'OVU7 cO-vc^A4^UA^n^v^aW
VX woiWtx^ck*v* y$$U'<\\ w*w i^vttwcwc S.viS^wi->- & hiVAtv^-
v»ij(&'2^^*5rw>£»<-'*t il'ox*tc oc ^JVwîkci* àc jCaSH&epr j-arvec
OC^-vVUC, Avv^otv«&roc ît^o. Ci^rto^>c *ovv\«^(3x^utXvvp : TU «cv
vouc^cuwné. cwwÂof /x- co>»va>^v'/^tv\icct>-^TVtv^cvvL^VivTw'î\r ofc
OttV^ViVVtCC^C VOM^-rUVMjptTvtt^-plOVttwkvM.* (VW ViVowwfe "ce
vS^Jcrtc- ^c^cHwVMn^tt\vOM>/^ccl<xx<rvvO- £<vc c*»- »*vtcv>v«vio<r et "
wowv'o^ *3vtw /r?+- ci^ ^xMCWtc-J^vvvnoM*-V* Mv*vp\Avta^c- •J* Vu.*-"
Ttt£v.cjvcw£o-, Vvovvvt^tc.rr wi^yxocruwvr- co>vu^fv\*vow, <v K»>
>w«s ecvofc.
ABréviation6.
ttftna ^i
Cw.v«Xt
VWMW. ni
CO iVnaue
Covv Coiuetit
COW. l\v Veiller
Con. ÛmtioUea,-
CxmjwvvuxovA .
PCvi.v? J. 'nuire
t)ecWtcu?H/.
C/ÊVW ' dtmiaiant.
/3vtfJ. deiMti
■O Efetyw
aCVt. qeiural.
A*Ot> TurUier*
hCYWV ftciutcftes.
£u$f ladite
CO1 /*£/ .
X Ufyueh.
2 ,
1Yir ;Vfayîr*
Vvo Ufilrf;
iÏÏi? rultf.
■wjo iimu.
TpVi>Vi fortement
imitV jirefence
yvuf>- pre/ens-
p»vk*Wl' piéfeJilan
\&vyy pre/tlie.
yxOiSuriïparivife.
p.
r>
y Pierre
» I —
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yiXXXa /Uirici/fe
J>r\iet lUe/inU/
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Cruu)u. q ua Me*
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Xt\3U>X>± lelluiioti
C. Saùtt
SeCVCiTjeere latte
ïàcr. Jeiyncur
\0WJTJ louSfjiftt*
l[3<|-wv lejweuiy
aU$Mh«,u„i
UAklvm.Mainiit
tcD terre
ri éourttoc^.
Vk?-. v»t*e>
a vT. fX-. s canes reju-éfcMlatU lo^oiy'iielieii. et
Ci Ov ligne eiiipltii/è./iotzr la-Uitniiuuse/uvis.
Ex K?cP vous w? nous: -pÇ/ plus &)•'£$*•
Tp X> letttes macs /tour par ou pei- dans
les mots Ex : Ih^'iK^uy^Ju/'^-ieurep-fit/iar/pe..
(R fe /«"^l1^ extt{a€2jfr<rifue{, ouelùs
QUATRIÈME PARTIE 121
valeur différente, car dans la lecture des légendes
on est porté à prendre :
7R a
pour
m
M
B b
—
e>
DE ou ED
a c
—
ec
E
n h
—
n
N
R K
—
R
R
L'examen des caractères alphabétiques appren-
dra donc à résoudre toutes les difficultés qui tien-
nent à la forme étrange de certains éléments
comme aux différentes tournures que prend une
seule et même lettre.
Lettres conjointes ou monogramma-
tiques. Souvent les graveurs en lettres, gênés
par l'espace, liaient ensemble plusieurs lettres de
manière à leur faire perdre une partie d'elles-
mêmes et par là resserrer récriture. Telles sont
les conjonctions les plus fréquentes :
ab ap ed ar en et lm 11 an nt
de te
nd ph et ti th w
122 PALEOGRAPHIE
Dans la minuscule gothique les conjonctions les
plus ordidaires sont :
ba, be, bo, co, da, de, do, oc, po. (Voir pi. IX.)
Les lettres conjointes M et OE, surmontées d'un
trait horizontal, ne doivent pas être prises pour
diphthongues, mais bien pour la contraction des
syllabes atione, otione, ame, ane, orne, one.
Lettres enclavées. Pour ménager encore
l'espace, les graveurs faisaient entrer des lettres
les unes dans les autres; telles sont les suivantes :
@-@<§l<&<K'Nr- PW-GX-TK^
ci ce co ei hi ni si no qui vs w
.. .. oc ie . . in is on .. us ..
Lettres retournées. Les incriptions sigil-
laires offrent aussi des lettres rendues à contre-
sens, et, dans ce cas, on peut prendre dans les
capitales gothiques :
Q C retourné pour un )) D
D D
F.
F
&
G
P
P
R
R
*
Z
a
c
*
À
•o
D
<i
Q
Si
A
s
S
QUATRIÈME PARTIE 123
Il s'est trouvé des légendes entièrement comp5-
sées de lettres retournées ; cette disposition vicieuse
est due à l'inadvertance des graveurs, qui oubliaient
de tracer en sens inverse les caractères de la légende
afin que l'impression du sceau les rendît à droite
sur la cire.
Lettres couchées. Quand les graveurs pré-
voyaient que la légende ne pourrait occuper tout
l'espace réservé pour elle, ils renversaient quelques
lettres pour employer plus de place.
Les lettres C, G, S et l'R gothique en forme de
2 étaient celles qu'ils employaient de préférence.
Dans ce cas il faut éviter de prendre le cr» couché
pour la lettre Q.
Orthographe et style. Une orthographe
vicieuse tend aussi à obscurcir une légende. Ce
que nous avons dit de l'orthographe des chartes et
des manuscrits peut très-bien s'appliquer aux ins-
criptions des sceaux.
Les noms de personnes et de lieux s'y trouvent
surtout défigurés par des incorrections de tous gen-
res; tantôt ce sont des lettres mises les unes pour les
autres, comme dans Dalfinus, pour Dalphinus ;
Adem, pAdam ; Buissum, pr Buisson ;Jahan, Johan,
pr Jehan ; Johanne, pJehanne; Frasino, pr Fraxino;
Dvpvnt, pr Dupont; Willermi, pr Willelmi; grant,
124 PALEOGRAPHIE
pr grand; Rikardi, pr Ricardi; Kàtarina, pr Cata-
rina; etc., etc.; tantôt ce sont des lettres surabon-
dantes , comme dans Agnnetis, Harchidiaconi ,
Hanqvetil', Hlvdovicvz, Caapra, Jehans, Theszav-
rarie, etc., etc., mis pour Agnetis, Archidiaconi,
etc., etc.
Ailleurs les mots pèchent par l'omission de cer-
taines lettres, comme ceux-ci : Cristiani, FM,
Camerari, Peti, Priorise, Fil, Seineur, Monasteri,
Oliveri, Clerci, Mahildis, Domni, Jérusalem, au lieu
de : Christiani, Filii, Camerarii, Pétri, Priorisse,
Fils, Seigneur, Monasterii, Oliverii, Clerici, Ma-
thildis, Domini, Hierusalem.
Ailleurs encore l'orthographe est si peu observée
que les mots dégénèrent en barbarismes : Clerii est
mis pour Clerici; Guillaimi, pr Guillelmi; Amar-
rici, pr Amalrici ou Amaurici; Strampharum, pr
Stamparum; Polinus, yvPavlïnvs. Quant aux solécis-
mes, tels que : Sansoni pour Samsonis, Archidiaco-
nis pr Archidiaconi, Pétris pr Pétri, etc., ils sont
assez fréquents dans les inscriptions sigillaires.
Les légendes en langue vulgaire offrent encore
des mots écrits selon les patois auxquels ils appar-
tiennent. On trouvera Yvrey, pour Ivry; Vicontey,
pr Vicomte; Rogier, pr Roger; Johan, pr Jehan,
Jean ; Damiziel, pr Damoisel; le Sire deu, le Sael
dou, pr le Sire du, le Scel du ; et del, pr de la ou du.
QUATRIÈME PARTIE 125
Et les constructions fréquentes : le Seel Johan,
pour le Seel de Jean; le Fils Robert, p* le Fils de
Robert; le Seel aux causes de, etc., pP le seel des
causes, etc.
Et si Ton ajoute à ces diverses incorrections l'em-
ploi habituel de :
c pour t et vice versa.
> — J —
i _ y _
V — U —
e — ae et œ,
et l'absence des signes orthographiques, on aura
toutes les données sur l'orthographe suivie au
moyen âge, et on ne s'obstinera pas en déchiffrant
à trouver dans les mots une correction que l'usage
ou l'ignorance leur refusaient. .
Abréviations. Toute incription circonscrite
dans un petit espace et qui est chargée d'exprimer
beaucoup de choses en peu de lettres doit nécessai-
rement contenir beaucoup d'abréviations.
Les inscriptions sigillaires, surtout les légendes
prolixes des sceaux du xme siècle et des suivants,
ont été dans cette nécessité.
Pour se rendre maître des obstacles que les abré-
viations présentent, il faut connaître les différents
modes d'abréviations suivis au moyen âge.
126 PALEOGRAPHIE
Les graveurs en lettres ayant employé les mêmes
procédés que les scribes et les copistes, on n'aura
qu'à se reporter à la deuxième partie de notre mé-
thode, où il est traité amplement des différents
modes d'abréger l'écriture.
Signes abréviatifs. Bien que les graveurs, comme
nous l'avons dit, se soumissent aux mêmes règles
d'abréviations et employassent les mêmes signes
que les copistes de manuscrits, il ne sera pas moins
indispensable d'étudier les signes abréviatifs repré-
sentés planche IX. On saisira mieux la physiono-
mie que prennent quelques-uns de ces signes com-
binés avec l'écriture capitale.
Les lettres contre-signées, avec leur valeur géné-
rale, qui suivent sur le même tableau, serviront à
expliquer les mots ou les syllabes qu'elles abrègent;
et, pour venir en aide aux commençants et les
familiariser autant que possible avec les différentes
formes d'abréviations, nousavonsréuni, planche IX,
toutes celles qui se rencontrent le plus habituelle-
ment sur les sceaux.
Sigles simples. Indépendamment de ce qui pré-
cède, on se rappellera que les graveurs de sceaux,
comme les copistes, employaient aussi les sigles ou
lettres uniques pour désigner des noms propres, un
QUATRIÈME PARTIE 127
titre,
ou des mots d'un usage fréquent comme les
suivants :
B.
pour Beatœ, Bernardus, Benedictus, etc.
C.
—
Contrasigillum, comitis, canonici, car-
dinalis, etc.
D.
—
Dux, de, dominus, domina, etc.
E.
—
Episcopus, Edw ardus, ecclesiae, etc.
F.
—
Francorum, f rater, fils, filius, etc.
G.
— •
Gratiâ, Guillelmus, Gregorius, etc.
H.
—
Henricus, hospitalis, etc.
1.
—
Iesus, Johannes, Jehan, etc.
L.
—
Ludovicus, Léo, licenciatus, etc.
M.
——
Magister, Maria, miles, marchio, mar-
tyris, etc.
N.
—
JSavarrœ, notarius, etc.
0.
—
Officialisa officialitas, ordinis, etc.
P.
—
Paulus, Petrus, prior, prœpositusf pre-
sbyter, etc.
R.
—
Rex, regina, Radulfus, rector, etc.
S.
__
Sigillum, secretum, signetum, sanctus,
seelt Stephanus, etc.
V.
—
Vicecomes, virginis, etc.
w.
—
Willelmus, Wido, etc.
X.
—
Christus, decem, etc.
Y.
—
Yvo, etc.
128 PALEOGRAPHIE
Sigles composés. Ils se servaient aussi de plu-
sieurs sigles pour rendre des expressions d'usage,
comme :
BB.
poui
• Beatorum.
B. M.
—
Beatœ Mariœ.
C. S. D.
—
Contrasigillum de..
D. G.
—
Dei gratiâ.
E. R.
—
Ecclesise romanœ.
I. B.
—
Johannes Baptista.
[. X.
—
Jésus Christus.
0. S. D.
—
Ordinis sancti Benedicti.
P. P.
—
Papa.
R. E.
-—
Romanœ ecclesiœ.
R. P. D.
— -
Beverendissimi patris domini.
S. S.
—
Sanctorum, serviens,subsigillum,
sic
jillumsecretum, ou sigillumsecreti.
S. c.
—
Sigillum contra.
S. B.
—
Sancti Benedicti.
S. M.
—
Sanctœ Maride.
S. M. E.
—
Sanctœ matris ecclesiœ.
S. P. D.
—
Sigillum Peiri de..
S. R. E.
—
Sanctœ romanœ ecclesiœ.
Monogrammes. On trouvera parfois inscrits dans
le champ d'un sceau une lettre isolée, un mono-
gramme ; l'un et l'autre désignent le nom de la per-
sonne à qui appartient le sceau : ainsi, sur celui de
QUATRIÈME PARTIE 129
«
Blanche, femme de Philippe de Valois, on voit des
B semés tout à l'entour; deux P se remarquent
sur le sceau de Pierre d'Alençon. Les sceaux des
xivc et xve siècles offrent souvent de ces exemples.
Les sceaux des communes, ceux des bourgeois
et de quelques petits officiers publics renferment
souvent dans leur champ la lettre initiale de leur
nom.
§ 2. FORMULES
Connaître les formules qu'affectent les légendes
selon la spécialité du sceau, c'est encore résoudre
les difficultés qui naissent de mots trop abrégé
ou qui manquent dans Finscription par suite de
brisures dans la cire ou de foulage sur l'empreinte.
Donc, si la légende qu'on veut déchiffrer est
endommagée ou d'une lecture- trop difficile, ou
appartient à un sceau détaché de sa charte, on
examinera, par les quelques mots qu'on aura pu
saisir, si elle appartient à un :
SlGILLUM ABBATIE SANCTI Ni. OU BEATE N.. de..
— ABBATIS ET ECCLESIE.. de..
ABBATIS (N..)MONASTERII OU CŒNOBII BEATE
N.. OU SANCTI N.. de..
— ABBATIS (N..) DEI GRATIA DE SANCTO N..
— ABBATISSE (N..) DE SANCTO N. de..
130 PALEOGRAPHIE
SlGILLUM AD CAUSAS.
— archiepiscopi (n..) de..
— ARCH1EPISCOPI (N.. DEI GRATIA) de..
— ARCHIDIACON1 (n..) de..
— ARCHIPRESBYTERI (N..) de..
— ARMIGERÏ (N..)
— BAILLIVIE de..
— BAILLIVIE EPISCOPI de. .
— CAMERAR1I (N..) de..
— CAMERE COMPUTORUM (REGIUM) de..
— CANONICORUM SANCTI N.. de..
— CAPELLANI (N..) de..
— CAPELLE SANCTE N.. de..
— CAPITULI SANCTI N.. OU BEATE MARIE de..
— CARDINAL1S TITULI SANCTI N..
— CARMELITARUM DISCALCEATORUM CONVEN-
TUS SANCTI N..
— civium de..
— clerici (n..) de..
— CENOBII SANCTI OU BEATI N.. de..
— comitis (n..) de..
— comitisse (N..)de..
— COMMENDATOR1S DOMUS ORDINIS.. de..
— COMMUNIE de..
— communionis (civium) de..
— CONGREGATIONS SANCTE OU BEATE MARIE
virginis de..
QUATRIÈME PARTIE 131
SlGlLLUM CONSULUM de..
— CONVENTUS HOSPITALIS HIERUSALEM.
— CONVENTUS MONASTERII BEATE MARIE OU
sancti n.. de..
— CONVENTUS FRATRUM.. de..
— curie de..
— CURIE ARCHID1ACONI de..
— CURIE OFFICIALIS de..
— CUSTODIS (N..) CONVENTUS HOSPITALIS HIE-
RUSALEM.
— curati (n..) beati n.. de..
— DOMICELLE (N..) de..
— - DOMICELL1 (N..) de..
— domine (n..) de..
— domini (n..) de..
— DOCTORIS (N..) LEGUM.
— DOCTORUM UTRIUSQUE JURIS UNIVERSITATIS
de..
— DECANATUS de..
— DOMUS DEI (N.., PRIORIS DE MONASTERIO)
de..
— DECANATUS AD CAUSAS de..
— DOMUS DEI (CAPITULl) de..
— decani (n..) de..
— ducis (n..) de..
— ducisse (n..) de..
— ecclesie de..
132 PALEOGRAPHIE
SlGILLUM ECCLESIE COLLEGIALIS de. .
— ECCLESIE BEATE MARIE de..
— episcopi (n..) de..
— episcopi (n.. gratia dei) de..
— episcopi (n..) ac comitis de., sacri impe-
RII PRINCIPIS.
— FACULTATIS JUR1S de..
— FACULTATIS MEDICINE de..
— FACULTATIS ARTIUM de..
— FACULTATIS THÉOLOGIE de..
— filie de N.. (n..)
— FRATRUM MINORUM de..
— HOSP1TALIS SANCTI IOANNIS HIEROSOLIME.
' — INDULGENCIE HOSPITALIS IERUSALEM.
— iuratorum (maioris et) de..
— IUR1SDICTIONIS ABBATIE SANCTI N.. de..
— MAGISTRI ET CONVENTUS HOSPITALIS HIERU
SALEM (BULLA).
— MAGISTRI N.. de.. CANON1CI.
— MAIORIS ET IURATORUM de..
— MAIORtede..
— MARCHIONIS {N..) de..
— MILITIS (N..)
— MILITIS CHRISTI (N..)
— OBLIGAT10NUM de..
— OFFICIAL1S CURIE de..
— ORDINIS FRATRUM PREDICATORUM de..
QUATRIÈME PARTIE 133
SlGILIXM P1TENCIARIE de..
— prepositi (n..) de..
— PREPOSITURE de..
— PRESB1TERI (N..) de..
— presulis (n..) de..
— PRIORIE OU PRIORATUS DE SANCTO N.. de..
— PRIORIS (n..) domus dei de..
— rectoris (n..) de..
— rectoris (n..) collegii de..
— RELICTE (N..) de.. N..
— REGIS (n..) de..
— sacerdotis (n..) de..
scabinorum (maioris et) de..
— sacristie (n..) àbbatie de..
— scacarîi de..
— scutiferi (n..)
— SENESCALL1 (N..) de..
senescaixi (curie) de..
— SODALITALIS Be Me VIRGIN1S de. .
— THESAURARIE de..
— vicecomitatus de..
— vicecomjtis (n..) de..
— vickdominj (n..) de..
— V1DUE (N..)dô N..
— UNIVERSITATIS de..
UNIVERS1TAT1S CIVIUM de..
— rxoRis (n..) de n..
134 PALEOGRAPHIE
Et si la légende est en langue vulgaire, voir si
elle n'appartiendrait pas à un :
Sael ou seel des actes de iacqdes n..
— des aydes de france.
— de la ba1llie de..
— dv bailliaige de..
— de n.. de.., chevalier.
— de la chastellenie de..
— del commvnal de..
— de la commvne de..
— de damoiselle n..
— DE N.., DAMOISEL OU DEMIZ1EL DE..
— DE LEVESQVE DE..
— DE N.., ESCVIER.
DE LA IVR1SDICTION DE..
— DV NOTAIRE ROYAL DE..
— DES OBLIGATIONS DE LA V1CONTE DE..
— DV PRÉSIDIAL DE..
•— DOV SIRE DE..
— DE LA SENESCHAVSS1E DE..
— DV TABELLIONNAIGE DE..
— DU TABELLIONNAGE ROYAL DE..
— DE LA VICONTE DE.. (OU LE PETIT SEEL).
— DV VISCONTE — - OU N.., VISCONTE DE..
Les contre-sceaux ont aussi des légendes. Quand
elles ne sont pas la suite ou la répétition de la
QUATRIÈME PARTIE 135
légende du sceau principal elles se formulent
ainsi :
Annulare sécrétion.
Annuntio sécréta.
Contrasigillum.
Contrasigillum ballivie episcopi de..
Contrasigillum de..
Contrasigillum vicecomitatus de..
Contrescel.de la viconté de..
Contrasigillum ad causas.
Contrasigillum curie de..
Contrasigillum ad obligationes ou obligationum
de..
Clavis sigilli.
Custos sigilli.
Secretum.
Secretum est.
Secretum meum.
Secretum veri.
Secretum colas.
Secretum serva.
Secreti custos.
Secreti sepulcra.
Sigillum verum ou veri.
Sigillum minus.
Sigillum contrasigilli.
Sigillum veritatis.
136 PALEOGRAPHIE
Sigillum secreti mei.
Signum Bei ri ri.
Sit secretam.
Sub meo scato est meum secretum.
Testimonium vert.
D'autres légendes, composées uniquement de
versets religieux, se trouvent encore sur les contre-
sceaux ; plusieurs d'entre elles ont été particuliè-
rementemployéesparlesecclésiastiques.Tellessont:
Agnus Bei miserere mei.
Ave Maria gratta plena.
Bonum est confitere Domino.
Deus in adjutorium meum intende.
Deum timeo née non.
Beum Urne.
Fugite partes adverse.
Mater Bei mémento Bei.
Mater Bei miserere mei.
Miserere mei, Bens.
§ 3. OBSERVATIONS COMPLÉMENTAIRES
Quand on passera au déchiffrement de la légende,
on se rappellera qu'elle est généralement gravée
autour du sceau et qu'elle commence presque tou-
jours par une étoile ou une croix pattée, placée
Alphabets
J\\» OA VLACuXùà .
4^ .$ lj .h .$.£( ,w.wm,H
f.).Vt.W»i<l'.^jJA'). *
i/tcuXon/C?
t«- ft ti . fcC. to.Vtt. tt. t>Vw . 4V ut . «* .
4^ Ecriture delà Chancellerie Romaine XVH^ÏVUTIiecle.
"SSu) Jva \icii{eA<) aI^ui* ^vcfsrih
U*H
HA-
f neyrsirtrt/i In. Canum AnOSfnlùj.
/
\
QUATRIÈME PARTIE U7
ordinairement à la partie supérieure de l'em-
preinte: car il est quelques légendes qui commen-
cent par le bas du sceau.
Dans les bulles papales on trouve des légendes
disposées les unes dans le sens horizontal, les autres
dans le sens vertical.
Il n'est pas rare de trouver des sceaux sans lé-
gende.
Quand une légende était trop étendue pour trou-
ver place entière dans la circonférence du sceau,
elle se continuait sur le contre-sceau.
Les légendes sont tantôt en latin, tantôt en lan-
gue vulgaire. La langue latine n'a jamais cessé
d'être employée dans les sceaux. La langue romane
ou vulgaire ne s'y montre pas avant le xme siècle.
Dès cette époque on remarque le mélange des deux
langues dans le même sceau ; exemple : + S' Gvil-
lelrai le Conteor. + S' Johannis leBrvmen. +S'Ri-
cardi le Svor. + S' Gvillelmi dv Bosco. + S' Johan-
nis de Chambere , domini de Blandé.+S' Garneri le
Charon, etc.
Que les légendes appartiennent à l'une ou à
l'autre de ces deux langues, le style en est parfois
barbare et incorrect.
On a déjà vu pour l'orthographe comment les
mots y sont estropiés.
1:^8 PALEOGRAPHIE
Le rapport grammatical n'y est pas mieux ob-
servé; ainsi on trouvera :
+ S' Iohanne domina de Caroges. — Domina pour
domine.
+ S' Galtervs de Esseyo. — Galtervs au lieu de
Galteri, etc.
Bien qu'on ait semblé dire avec raison que « les
légendes des sceaux ne présentent pas de difficulté
de lecture quand on possède les chartes auxquelles
les sceaux sont attachés », il ne faut pas s'attendre
cependant à rencontrer une parfaite concordance
entre les indices de la charte et la légende du sceau.
Beaucoup de sceaux attachés à des titres latins ont
leurs légendes en langue vulgaire, et vice versa.
On lit dans une charte : .... Ego Rogerivs de
Nocvmento, et la légende du sceau donne :S' Royier
de Nvisement.
Le sceau et la charte emploient-ils la même lan-
gue, la légende n'en est pas plus d'accord avec
le texte du titre.
Une charte contiendra : Ego Basilia de Glisoliisy
et sur le sceau qui est bien celui désigné (Sigillo
munivi meo), on trouvera: S' Basilie de Formovilld.
Souvent le titre donne en moins ce que le sceau
contient en plus, et vice versa .
La charte indique simplement le sigillateur par :
QUATRIÈME TARTIE 139
Willelmus dcLongo Campo, et le sceau dit : S1 Wil-
lelmi Clerici de Longo Campo. — C'est ainsi que les
sceaux viennent ajouter aux renseignements four-
nis par les chartes.
Les noms propres diffèrent souvent de la charte
au sceau quoique écrits dans la même langue ; sur
Tune on trouvera : Johannes Malcion, et sur l'au-
tre : + S' Johannis Mavcivn, — ou : Ego Richevdis
sur Tune, et sur le sceau: + S' Ricoldis, ou : Ego
Robertvs le Lonc, dira la charte, et : + SJ Roberti
Lelvnc, dira le sceau.
Quand il s'agit d'un sceau d'emprunt, la charte
fournit presque toujours les indications propres à
son interprétation, h peu près en cette forme :
Et quia sigillum non habebam presens scriptum
sigillo Johannis tune temporis vicedecanl roboravi;
ou : Cum sigillo supra dicti Antonii mariti mei
sigillavi; ou : Je Ferris ï)ux davant nommez use dou
sel de ma mère devant nommée, etc.
Les légendes des plus anciens sceaux sont très
simples et se composent du nom propre mis au
nominatif ou au génitif. Dans ce dernier cas on
sous-entendait bulla ou sigillum.
Toute légende latine commence ordinairement
par le mot sigillum, exprimé en abrégé par 5', si\
sig3, sigï, sigil\ sigilV, sigillm, et la légende fran-
çaise par sael, saiel, seel, abrégés souvent pars'.
140 PALEOGRAPHIE
Beaucoup de sceaux, au xive siècle surtout, com-
mencent leur légende sans le mot siglllum ou secl.
11 y a des légendes qui se lisent en dehors, c'est-
à-dire que le pied de la lettre est vers le bord au
lieu d'être tourné vers le centre du sceau.
Les grands sceaux des rois, des ducs, des com-
tes, des prélats, des chevaliers et des communautés
ont en général des légendes faciles à lire. Les mots
y sont rendus en lettres capitales peu chargées
d'abréviations et séparées par des points ou autres
figures.
Sur plusieurs sceaux anciens il y a mélange de
l'alphabet romain et de l'alphabet gothique ;— indis-
tinction de mots; — absence de signes abréviatifs;
— noms propres souvent représentés par des sigles
ou lettres uniques.
Si on a affaire à une légende dont les reliefs ont
disparu sous des couches de poussière, on pourra
sans inconvénient faire usage d'une petite brosse à
poils très doux pour dégager la poussière qui n'a
pas fait corps avec la cire. Si cette première opéra-
tion ne suffit pas, on verse sur le sceau de l'eau
simple, qu'on laisse séjourner quelques minutes,
puis on frotte légèrement avec la brosse et l'em-
preinte reprend sa netteté primitive. Quelques per-
sonnes emploient Veau seconde pour le même effet ;
quels que soient les moyens dont on se serve, il faut
QUATRIÈME PARTIE 141
prendre de préférence ceux qui ne compromettent
en rien l'existence du sceau.
Si, au lieu d'une empreinte en cire, il s'agit d'un
sceau-matrice dont on veut posséder lisiblement la
légende, encrez avec un tampon à cachet ordi-
naire imprégné d'encre rouge la surface du sceau
d'une manière homogène, ensuite prenez de la cire
noire, chauffez-la et retendez sur une carte, appli-
quez-y immédiatement votre sceau-matrice qui,
relevé un instant après, laissera apercevoir en
relief, bien détachées en noir sur un fond rouge,
la légende et les figures dont il est chargé.
§ 4. TRANSCRIPTION
Dans la transcription des légendes on devra s'at-
tacher à les reproduire fidèlement dans leur langue
et leur orthographe, quelque sorte d'ineorrections
qu'on y remarque.
On pourra, d'ailleurs, à cet égard,'suivre les prin-
cipes que nous avons établis pour la transcription
des chartes (page 69).
Quant à la forme de l'écriture, si on peut en
donner le fac-similé, avec les abréviations et tous
les accidents qui la caractérisent, ce sera ajouter
un intérêt de plus à la transcription.
14-2 PALEOGRAPHIE
IV
DESCRIPTION DES SCEAUX
Quand on transcrit une charte, un titre original
et que des sceaux y sont attachés, non-seulement
il faut faire mention de leur présence, mais encore
les décrire de manière à les faire apprécier dans
leurs moindres détails.
Dans les anciens vidlmus ou copies collationnées
on n'omettait jamais de mentionner et de décrire les
sceaux. Les cartulaires qui contiennent la copie des
titres originaux d'une communauté religieuse indi-
quent souvent quels étaient les sceaux fixés aux
actes dont ils n'ont pu conserver que la teneur.
C'est ainsi qu'à la suite d'une charte transcrite le
copiste ajoutait:
« Seelee en las de fil ouvre a leschiquier et cire
blanche, dun grant seel ou est figurey un homme
darmes a cheval, lespee au poing, lescu a trois
chevrons pendu a son col, et ou contre seel pareil
escu et armes a trois chevrons, le tout sain et entier
en seel et escripture. » (Sceau de Robert, sire d'ivry,
4 278.)
Dans un vidimus de 14."i0 on lit: «Nous avons
veues et leues mot a mot unes lettres données du
QUATRIEME PARTIE 143
comte Simon dEvreux, seellees de cire vert en
double queue faicte dune couroye de cerf ou quel
seel esloit apparans en lune des parties du seel la
figure dun homme a cheval portant par apparance
une targe et une lance en sa main et en lautre par-
tie dud seel (contre-sceau) avoit pareillement en
emprainture la figure dun autre homme a cheval
tenant en sa main et a sa bouche par apparance la
figure dun cor de chace, et estoient icelles lettres
saines et entières en seel et en escripture. » (Sceau
de Simon, comte d'Evreux, xne siècle.)
Ce sont de semblables descriptions qui nous ont
fourni des renseignements héraldiques sur plusieurs
familles anciennes dont les sceaux ne se retrouvent
plus. Quand il s'agira de la description d'un sceau,
on devra donc indiquer :
Si le sceau est plaqué ou pendant ;
Quelle est sa matière — cire, plomb, or, argent,
etc.;
Sa forme — ronde, ovale, en ogive, en écusson,
octogone, etc., grande ou petite ;
Sa couleur — blanche, jaune, rouge, verte, bleue,
noire ;
Son attache — en parchemin, ruban de soie ou
de fil, de telle ou telle couleur, en corde, cuir,
cordonnet, etc., en simple ou double queue;
lit PALÉOGRAPHIE
Quels sont les figures, symboles, emblèmes
armoiries gravées sur le sceau ;
S'il est garni d'un contre-sceau et quel il est;
Si la légende est en lettres capitales romaines ou
en capitales gothiques, ou composée des unes et
des autres, ou en minuscules gothiques ;
Si le sceau est plus ou moins bien conservé, et
enfin signaler toute particularité qui peut intéresser
la sphragistique.
LECTURE DES LEGENDES DES SCEAUX
DE LA PLANCHE X
\. Sceau de plomb ou bulle du pape Célestin 1 il
(xme siècle) ; capitales gothiques:
Sanctus PAulus, Sanctus PEtrus. — Revers :
CELESTINUS PaPa III. Forme orbiculaire.
2. Sceau ogival du prieuré de Saint-Nicolas de
Maupas (xme siècle) :
+ SIGIllvm PRIORIE DE MALOPASsu (d'après
le sceau-matrice de notre collection). Capitales go-
thiques.
QUATRIEME PARTIE 145
3. Sceau orbiculaire du chapitre de l'abbaye de
Saint-Taurin d'Évreux (fin duxnc siècle) :
+ Sigillum CAPITvLl : SanCtl : TAVR1NI : EBROl-
Gensis : EPiscopI : PRIMI (d'après le sceau-type de
notre collection). Belle écriture capitale romaine
mêlée d'E en caractère oncial.
4. Sceau elliptique d'un garde-scel :
Jehan le maire (xive siècle), d'après un sceau en
cire. Gothique minuscule.
5. Sceau secret, ou contre-scel orbiculaire
(xme siècle) :
+ Sigillum SEGRETI (d'après un sceau en cire).
Gapitale gothique.
6. Sceau ogival de Marie d'A\iron (xmc siècle) :
+ Sigillum MARIE [de] AVIRONE) d'après un
sceau en cire). Mélange de capit. rom. et de gothi-
que onciale.
7. Sceau ogival de l'officialité de Rouen (xme siè-
cle) :
+ SIGILLum CVRie [ro] THOMAGENSIS (d'après
une cire originale). Écriture capitale mixte. Capit.
rom. et goth.
8. Sceau plaqué de tabellion (fin du xvic siècle) :
SCEAV DV TABELlionnage Royal DEVREVX.
Capit. rom.
40
146 PALEOGRAPHIE
9. + ConTraSigillum VICecomitatûâ VerNOLll
(d'après l'original en cire). Capit. goth.
10. Sceau personnel d'un lieutenant de bailli
(xve siècle) :
Pierre Duval. Minusc. goth.
14. Contre-scel de labaillie de l'évèque d'Évreux
(xive siècle) :
+ C[on]TRASigillum BAILLIVIE EPiscopI
EBROlCensis.
4 2. Sceau orbiculaire de la commune de Nonan-
court (xive siècle) :
Sigillum MAIORIE DE NONNANCVRIÀ. Ecrit,
cap. goth. (d'après une empreinte du sceau-type
en argent).
13. Sceau bourgeois (xm° siècle) :
+ Sigillum WILLelMI LENGLEIS (d'après l'ori-
gin. en cire). Capit. goth.
4 4. Sceau d'un damoiseau, forme orbiculaire
(xive siècle) :
Seel 1EHAN DE LONGECOVR DEM1ZIEL DE
BAILVES. Au centre, écusson pointu traversé
d'une bande (d'après le sceau-type en cuivre de
j notre collection). Cap. goth.
QUATRIÈME PARTIE 147
45. Sceau de clerc (xmc siècle), forme elliptique :
+ Sigillum ROGERii FOVQuer CLerICI (d'après
une cire originale). Signe de fantaisie au centre.
16. Sceau orbiculaire d'un curé de Saint-Aignan-
de-Blandey (xve siècle) :
Sigillum JUDOGI LEMAÏRE CURATI BEATI
ANIANl DE BLANDEYO (d'après une empreinte
du sceau-matrice en cuivre). Minuscule goth.
Les figures marquées A, B, C, D représentent
des mercs, merques, marques, seings, signes ou
seings manuels du xvie siècle tracés au bas de quit-
tances et autres actes par des gens ne sachant pas
signer. Ces seings, qui représentent les instruments
de la profession de ceux qui les ont tracés, sont
curieux à signaler quand il s'en trouve au bas des
actes.
En tête de la planche nous avons figuré les divers
monogrammes du Christ tels qu'on les rencontre
sur les sceaux et les monnaies.
Le premier représente le monogramme du Christ
composé de la lettre P traversée d'une barre pour
figurer IX Au pied se trouve V alpha et ïoméga
([jrincipium et finis);
Le second, le monogramme simple de Christus
figuré par XP agencés l'un sur l'autre;
118 PALEOGRAPHIE
Le troisième est celui de Ihesus figuré par IHS;
Et le quatrième celui de Christus figuré par les
lettres XPS.
VI
RÈGLES GÉNÉRALES ET PARTICULIÈRES DE CRITIQUE
CONCERNANT LES SCEAUX
REGLES GENERALES
4. Tout sceau d'une forme beaucoup plus récente
que la date du diplôme ne le comporte doit être
mis au nombre des sceaux supposés.
t. Un diplôme donné par un de nos rois de la
première ou seconde race et scellé avec un anneau
représensant la tète de Bacchus, de Jupiter ou de
quelque autre divinité païenne, ne doit pas pour
cela devenir suspect.
3. Les images des sceaux lorsqu'elles s'éloignent
trop de la forme de celles du même ordre et du
même temps, et lorsqu'elles ont trop de ressem-
QUATRIÈME PARTIE 149
blance avec de plus récentes, doivent passer pour
suspectes.
4. On ne doit pas traiter un diplôme de faux
parce que son sceau représente un prince, un évo-
que, un grand seigneur d'une autre manière qu'on
ne le trouve dans d'autres sceaux, ou médailles,
ou monuments; ou parce qu'il ne paraît pas res-
semblant au portrait qu'en aura laissé quelque
auteur contemporain.
o. On doit tenir pour suspect un sceau dont la
cire est d'une couleur qui n'était pas en usage au
temps du diplôme scellé.
6. Si Ton aperçoit une cire onctueuse et tant soit
peu ductile mise au dos d'un ancien sceau, ce serait
une preuve qu'on l'aurait détachée d'un diplôme
pour la faire servir à un autre.
7. La transposition d'un sceau d'une charte à une
autre est un moyen de faux légitime, mais dont on
peut s'assurer avec un peu d'attention.
8. Si l'on trouve un sceau de cire pendant à une
charte dans le temps queFusage de suspendre cette
sorte de sceau n'était pas encore reçu, ou si le
sceau est appliqué sur la charte lorsque l'usage
d'appliquer ainsi la -cire était aboli, on peut assu-
rer que le sceau n'est point du temps dont la charte
est datée.
J.r>0 PALEOGRAPHIE
9. Un sceau qui se trouverait chargé d'armoiries
avant le xic siècle porterait un caractère évident de
fausseté.
4 0. Si la légende d'un sceau antique est aussi
longue et dans le même goût que celles des bas
siècles, si l'on y trouve un nom propre qui n'ait
pas encore été en usage, on peut avec raison dou-
ter de la vérité du sceau.
\ 4 . On doit tenir pour faux, ou du moins pour
très suspect, un ancien sceau dans l'inscription du-
quel se trouverait une formule récente ; par exemple,
si un évêque du xic siècle s'y disait évêque par la
grâce de Bleu et du siège apostolique, le sceau serait
visiblement supposé.
42. Pour juger de l'âge des sceaux, il faut avoir
égard aux lettres employées dans leurs légendes.
Si donc Ton remarquait dans un sceau du xc au
xic siècle le caractère gothique moderne, on ne
balancerait pas à juger ce sceau des bas temps.
4 3. Nulle copie non authentique ne porte de
sceau sans se rendre suspecte de quelque mauvaise
foi.
4 4. Beaucoup de chartes véritables et authenti-
ques ne font nulle mention des anneaux et des
sceaux dont elles sont scellées.
QUATRIÈME PARTIE 151
15. Les sceaux perdus, brisés et détruits, en
tout ou en partie, soit par vétusté, soit par quel-
que accident, ne font point pour cela perdre aux
chartes leur autorité. (Voyez Digeste, lib. 37, tit. II,
les- ifSHO
16. Des sceaux contrefaits convainquent les piè-
ces de faux.
17. Le défaut de sceaux dans les anciens titres,
même non souscrits, ne suffit par pour infirmer
leur autorité.
18. Avant et depuis que les sceaux furent deve-
nus communs et nécessaires, ils ne suppléèrent pas
seulement au défaut de signatures, mais ils tinrent
encore assez souvent lieu de témoins.
19. Des chartes antiques munies de sceaux, mais
sans dates et sans signatures, n'en doivent pas
moins être tenues pour authentiques.
RÈGLES PARTICULIÈRES
1 . Les évêques se servirent d'anneaux pour scel-
ler leurs actes et leurs lettres jusqu'au ixe siècle;
alors ils commencèrent à employer des sceaux pro-
pres ou ceux de leurs églises.
l.V_> PALEOGRAPHIE
t. Depuis le ix° siècle jusqu'au xne, le mot bulla
fut employé de temps en temps pour marquer les
sceaux de nos rois, de quelques grands seigneurs
et surtout des prélats et des chapitres. Par rapport
à ces derniers et aux princes d'Allemagne, cet
usage n'était point encore passé au xme et au
xiv° siècle.
3. L'usage de sceaux de plomb remonte aux
premiers siècles de l'ère chrétienne et descend jus-
qu'aux derniers.
4. Un diplôme de la première, de la seconde et
des commencements de la troisième race de nos
rois, scellé en cire verte, porterait une marque
évidente de fausseté.
5. Les sceaux de cire jaune ou rouge antérieurs
au xiie siècle rendraient suspectes les chartes qui
les porteraient.
6. Tous les rois de France de la première race,
à l'exception de Childéric, père de Clovis Ier, et de
Childéric III, se sont servis de sceaux ronds.
7. Tous les sceaux de la seconde race de nos rois,
excepté ceux de Zuentebolde et de Lothaire, fils de
Louis d'Outremer, sont de figure ovale.
8. Zuentebolde, roi d'Austrasie;'Lothaire, pénul-
tième roi de France de la seconde race; et Hugues
Caractères alphabétiques.
Sceaux
-abréviations
vl h Mua .o o o ■oo.pp e . <m
ua.b.c.ù.c.f.5.bi.feIin.n.o.P4r
âj&f.l.uli.x.?.?.- te Irto&fc îd-
Signes abrévia tifs.
1»-^. 1^/199!^ Il bC3-À!t | ^$tj|
|B '* I« J» p! pf pï
m. 1 er, 1 us ur. 1 con.cun. j mm.
rt. re. 0$ lur com, cum. ris.
Leltresconlteâignees avec leur valeur gén!
Â. t €. B.F 6/fJ fcrBftLft Ô.
«m..i£c/"ieu/nj i/o- i/êr i^eo^^n^/-] drilunan en iem,
mit- \bre, \con. \ Je-\fre,\ qru\lia-ûkar\ ul~\nur\rtsn\ ori\
9. p. *. # ^.^: # ft# ^ *.
p*r.\pcx. \por.\pos\outArit\ drjsir \tre}vii-\uJv\.,...,
7LBBJÇS. .^*#
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BER, beate/foirùX'
Bl . béait/.
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Si. />**.
DHQ . doiium*.
D0I . donUni.
Q.Q.Ql&eccleJùi>
QP1 , epi/copù
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SQ.08Ljit.>ui!cru»J.
î° Joluinnesjelum. SdV> Sevtiferù
l<3$. Te/uuu SE# sedis
I©fa Ichaiitic* SG. SigUltoru
1QÏÏIS U/uuous. SGtysigOli
l&iS.lotuauies. $¥ -SigMu
J&8IG.lT,ipt»'airu$l<f. SigiUunV,
1RES Leitres.
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ÇTfàR&amUafem PRBRÏ presbyteri,.
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QUATRIÈME PARTIE 153
Capet, chef de la troisième, et tous ses succes-
seurs, à l'exception du roi Roberl, ont scellé leurs
diplômes avec des sceaux de forme ronde.
9. Le premier de tous les sceaux où paraît la
formule Dei gratiâ est celui de Charles le Chauve,
apposé à un diplôme de l'an 839.
4 0. Au xie siècle saint Edouard, roi d'Angle-
terre; Henri II, empereur d'Allemagne, et Henri Ier,
roi de France, furent les premiers qui se firent
représenter sur leurs sceaux assis dans des trônes,
à la manière des empereurs de Constantinople.
44. Louis le Jeune est le premier des rois de
France qui se soit servi de fleurs de lis au contre-
scel de ses chartes. C'est donc une règle certaine que
toutes les chartes antérieures à ce prince, quand
même elles seraient scellées de sceaux parsemés de
fleurs de lis, doivent être réprouvées.
42. Louis le Jeune est incontestablement le pre-
mier de nos rois qui ait fait usage d'un contre-scel,
quoique M. Mabillon en fasse honneur à Philippe-
Auguste.
4 3. Des sceaux sur lesquels l'écu de France est
réduit à trois fleurs de lis longtemps avant le roi
Charles VI ne doivent point pour cela être suspects.
44. Les ducs, les comtes et les vicomtes com-
151 PALEOGRAPHIE
mencèrent à avoir des sceaux différents des anneaux
lorsqu'ils rendirent leurs dignités héréditaires au
commencement de la troisième race de nos rois.
15. On ne voit des armories sur ces sceaux qu'a-
près le milieu du xie siècle, et les chevaux bardés
n'y paraissent qu'au xme.
46. Les sceaux de la noblesse du second rang,
encore rares après le commencement du xne siècle,
ne devinrent communs et nécessaires en France
que vers l'an 1 150, et en Allemagne qu'au xmc siè-
cle.
17. En France, les plus anciens sceaux publics
des villes ne sont que du xne çiècle.
18. Les chartes-parties, les endentures et les
cirographes suppléèrent aux sceaux dans les xie,
xii° et xine siècles.
19. Depuis le x° siècle jusqu'au xive inclusive-
ment, nos rois n'ont pas fait de difficulté d'apposer
leurs sceaux aux chartes de leurs sujets.
20. Au xe siècle, les évêques commencèrent à
faire mettre leurs propres images sur leurs sceaux,
à l'exemple des rois.
21. Une charte scellée au x° siècle avec le sceau
d'un abbé ne doit pas être suspecte ; elle le serait à
QUATRIEME PARTIE J55
juste titre si elle était scellée du sceau d'un curé
avant 1200.
22. Les sceaux des communautés monastiques,
rares dans le xie siècle, devinrent communs au
xne, quoique alors plusieurs monastères n'en eus-
sent pas.
23. L'usage des contre-scels remonte au xe siècle
et au xie en France et en Angleterre.
24. Nul roi de France avant Louis VII n'a usé
de contre-scel ; nul prélat connu n'en a fait usage
avant Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen en
1138.
25. On ne connaît point de sceaux véritables
portant des armoiries avant le xie siècle.
26. Depuis le commencement du xie siècle, des
sceaux de prélats avec des armoiries ne rendraient
point suspectes les chartes qui en auraient été scel-
lées.
27. Dès le xe siècle les prélats se servirent quel-
quefois des sceaux pendants. L'usage en devint fré-
quent au xie parmi eux.
28. Dès les commencements de ce môme siècle,
Robert, roi de France et Richard II, duc de Nor-
mandie, usèrent de sceaux pendants. L'usage en est
donc plus ancien que Philippe Ier et Louis le Gros.
156 PALEOGRAPHIE
29. Depuis le règne de ce prince, des diplômes
de nos rois dont le sceau serait appliqué et non
pendant ne devraient pas être admis.
30. Après le xnc siècle, les chartes des évoques
et des abbés seraient fausses si elles étaient scellées
avec des sceaux en placard.
31 . Quand le sceau n'est point annoncé dans une
charte qui en est munie, ce n'est pas un indice de
faux.
32. Depuis le vme siècle jusqu'après le milieu du
xne, le défaut de sceau ne nuit ni à l'authenticité
ni à la validité des chartes.
33. La variation du sceau de la même personne
ne porte aucun préjudice à la vérité des diplômes
royaux et des chartes des seigneurs.
34. L'ancienneté des chartes et les indices qu'elles
ont été scellées suppléent tellement à la perte des
sceaux que depuis le xic siècle nos rois et les tribu-
naux de la justice n'ont pas fait difficulté d'admettre
ces pièces comme faisant foi.
35. L'annonce du sceau et du cirographe dans
les chartes-parties est une formalité indifférente
qu'on pouvait également exprimer et omettre.
s
TABLE DES MATIERES
AVERTISSEMENT V
AVERTISSEMENT DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS 1
PALÉOGRAPHIE DES CHARTES ET DES MANUSCRITS (lll-
troduction) 5
PREMIÈRE PARTIE
DES DIFFICULTÉS MATÉRIELLES ET ACCESSOIRES
DE L1ÉCRITURE
I. Alphabets 10
II. Liaisons et conjonctions de lettres 12
III. Signes abréviatifs 13
IV. — orthographiques 14
V. — de correction. , 17
VI. Chiffres 19
VII. Style 21
VIII. Orthographe 24
158
TABLE
DEUXIÈME PARTIE
i
DES DIFFÉRENTS MODES D'ABRÉVIATION
1.
Abréviations par sigles ....
38
11.
— par contraction
43
III.
— par suspension
50
IV.
— par signes abréviatifs
51
V.
— par petites lettres supérieures
60
VI.
— par lettres abréviatives
TROISIÈME PARTIE
DE LA LECTURE ET DE LA TRANSCRIPTION
DES ANCIENNES ÉCRITURES
62
I.
II.
Lecture
65
69
Transcription
III.
Copie des planches
70
IV.
Règles particulières de critique concernant la
matière, l'encre et l'écriture des diplômes,
V.
des chartes et des manuscrits
84
Règles de critique propres à déterminer l'âge
des manuscrits non datés du xie au xvie
siècle
92
TABLE 159
QUATRIÈME PARTIE
DES SCEAUX ET DE LEURS LÉGENDES
Aperçu général 103
I. Des sceaux-matrices 103
II. Des sceaux-empreintes 106
§ 1er. Dénominations 106
§2. Emploi 110
III . Légendes des sceaux 119
§ 1e«\ Paléographie 1 1?
§ 2. Formules 129
§ 3. Observations complémentaires 136
§ 4. Transcription 14
IV. Description des sceaux 142
V. Lecture des légendes des sceaux de la pi. X. 144
VI. Règles générales et particulières de critique
concernant les sceaux 148
I. Règles générales 148
II. — particulières loi
Y
EN VENTE CHEZ J. MARTIN
RUE SÉGUIER, N° l8, A PARIS
DICTIONNAIRE
DES ABRÉVIATIONS
LATINES ET FRANÇAISES
Usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques,
les manuscrits et les chartes du moyen âge
Par alfd. chassant
Ancien correspondant du Ministre de l'Instruction publique
pour les travaux historiques
Cinquième édition revue et corrigée
TETIT IN-8°
Papier vergé 6 fr.
La nouvelle édition que nous donnons de ce dictionnaire, accueilli
avec tant de bienveillance par les archéologues et les paléographes,
se distingue de la précédente par des changements assez notables
pour mériter l'attention des amateurs. Nous avons fait graver sé-
parément les types des abréviations latines et ceux des abrévia-
tions françaises , afin de donner à celles-ci plus de développement
dans une table particulière. Par ce moyen, les recherches de-
viennent faciles, et les abréviations françaises des écritures cursive?
des xive, xve, xyi° et xvn6 siècles se trouvent mieux espacées, se
reproduisent dans toute leur liberté graphique. Ainsi disposées, et
prises dans leurs formes les plus habituelles, ces abréviations aide-
ront, nous n'en doutons pas, à résoudre bien des difficultés de
lecture. Nous espérons donc que ce dictionnaire, ainsi corrigé et
rendu plus complet, témoignera de nos efforts pour le rendre digne
de satisfaire, encore mieux que par le passé, les personnes qui
auront besoin de le consulter dans leurs travaux de déchiffrement.
« Une coïncidence heureuse m'a permis de soumettre le
travail de M. Chassant à la plus sûre des épreuves, à celle de l'ex-
périence. Au moment où j'étais chargé de rendre compte , dans la
Revue, du Dictionnaire des Abréviations, l'Académie des inscrip-
tions et belles-lettres me confiait une mission scientifique dans les
archives du midi de la France. Depuis plusieurs mois que je tra-
vaille à remplir cette mission, je me rencontre tous les jours en
présence des difficultés dont M. Chassant s'est proposé de donner
la solution, et je dois reconnaître que, sauf des exceptions assez
rares ces solutions ont été trouvées justes. Dire que le travail du
savant paléographe a résisté victorieusement à cette épreuve, n'est-
ce pas en faire le plus bel éloge? Siméon Lucb. •
(Revue de V Instruction publique.)
IMPRIMÉ CHEZ CHARLES HERISSEY, A EVREUX
PLEASE DO NOT REMOVE
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